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Villefontaine: les pères des victimes du directeur pédophile en colère

Des agents de police devant l'école "Le Mas de la Raz" en Isère, dont le directeur a été écroué pour viols.

Des agents de police devant l'école "Le Mas de la Raz" en Isère, dont le directeur a été écroué pour viols. - Philippe Desmazes - AFP

A Villefontaine, les pères des petites victimes du directeur d'école de l'Isère sont en colère contre l'Education nationale, mais aussi face à la lenteur de l'enquête. Le directeur a été écroué pour viols et révoqué, mais plusieurs enfants n'ont toujours pas été entendus.

Nidal est un père en colère. Un père meurtri, qui en veut à l’Education Nationale. Sa petite fille a été victime de viols par le directeur de l'école de Villefontaine, écroué la semaine passée.

"Je n'arrive toujours pas à dormir malgré les somnifères. Physiquement c'est difficile, psychologiquement c'est horrible", décrit Nidal. "Quand j'ai demandé à ma faille pourquoi elle ne m'en a pas parlé plus tôt, elle m'a dit 'papa j'ai eu peur'. Je lui ai demandé: peur de quoi? Elle m'a répondu: 'de te faire pleurer'. C'était à moi de la protéger, pas l'inverse."

Sébastien est lui aussi anéanti. Dès l’annonce des faits, il est allé porter plainte avec sa famille. Mais aujourd’hui, il ne se sent ni soutenu ni écouté. "La gendarmerie n'a même pas été capable de prendre nos coordonnées correctement. Ma fille n'a même pas été auditionnée alors qu'on est venus porter plainte les premiers", déplore-t-il. 

"La hiérarchie aurait dû se poser des questions"

Le directeur d'école mis en cause dans cette affaire de pédophilie avait été muté à plusieurs reprises. Selon Sébastien, cela aurait dû alerter la direction de l’école de Villefontaine. "Sa hiérarchie aurait dû se poser des questions", estime-t-il. "Qu'on ne vienne pas me dire que c'est normal d'être muté tous les ans sans finir l'année scolaire. Il a quand même fait quatre écoles en cinq ans et personne ne se pose de questions?".

Le jeune père de famille déplore également le manque de prise en charge: "aujourd'hui, on doit payer un psychologue de notre poche parce que ceux qu'on nous a présentés ne veulent pas entendre ma fille, ils veulent entendre les parents. Or ma fille a besoin de parler et de vider son sac".

Dévastés, ces parents réclament désormais plus de soutien de la part de l’Etat, et des comptes à la Justice et à l’Education nationale. La semaine passée, Manuel Valls a promis "la vérité" aux familles et la "détermination" du gouvernement à ce que "cela ne se reproduise plus";

A. K. avec Olivier Jouglard et Julien Migaud-Muller