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Villefontaine: huit nouvelles victimes de l'ex-directeur pédophile identifiées

Vue en mars 2015 du groupe scolaire "Le Mas de la Raz", à Villefontaine, dont l'ex-directeur a été accusé d'une soixantaine de viols et agressions sexuelles sur des enfants.

Vue en mars 2015 du groupe scolaire "Le Mas de la Raz", à Villefontaine, dont l'ex-directeur a été accusé d'une soixantaine de viols et agressions sexuelles sur des enfants. - Philippe Desmazes - AFP

De nouvelles victimes ont été identifiées sur des photos et vidéos prises par l'enseignant lui-même, qui s'est donné la mort en prison en avril 2016. Les premiers faits remonteraient au début des années 2000, à Vénissieux.

Soupçonné d'avoir violé ou agressé une soixantaine d'enfants tandis qu'il était directeur d'une école de Villefontaine, en Isère, Romain Farina s'était suicidé dans sa cellule en avril 2016. Quelques jours avant sa mort, sa femme avait confié à la gendarmerie des disques durs, disquettes et CD-ROM qu'elle avait retrouvé dissimulés dans le double toit de leur maison.

Sur ces supports, "environ 512.000 photos et plus de 11.000 vidéos dont la grande majorité proviennent d'internet où il les avait soit achetées soit reçues en peer-to-peer", avait précisé en 2017 le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat.

Mais ils renfermaient aussi "des photos ou des montages qu'il avait faits lui-même" lorsqu'il imposait des fellations à des élèves aux yeux bandés. En 2016, il avait expliqué aux psychiatres et psychologues leur avoir caché les yeux soit disant pour les épargner. 

Grâce à l'exploitation de ces données, "huit nouvelles victimes" ont été identifiées a déclaré ce mercredi à l'AFP Me Marie Grimaud, l'avocate de deux d'entre elles, confirmant des informations de RTL

Une des victimes avait "totalement oublié"

L'une des victimes nouvellement identifiées, "qui avait totalement oublié" son agression, a été confrontée aux faits commis sur elle quand elle était scolarisée en 2002 à Vénissieux, dans la métropole de Lyon, lors de sa convocation par les enquêteurs, a déploré l'avocate. Cette dernière a ajouté que sa cliente était depuis dans une "difficulté psychologique extrême".

"Alors qu'on pensait que les faits avaient commencé à Villefontaine, en fait, ça a commencé bien avant", vers 2002-2003, a indiqué une source proche du dossier, en référence au fait que trois de ces huit nouvelles victimes étaient de Vénissieux. Le mis en cause avait mis son passage à l'acte sur le compte de la prise d'antidépresseurs à l'été 2014, ce qu'avaient déjà contesté des experts à l'époque. 

Selon Me Grimaud, des avocats de victimes envisagent de lancer une procédure pour faire reconnaître la responsabilité de l'État, une fois l'instruction terminée - ce qui serait imminent. Cette dernière devrait conclure à l'extinction de l'action publique du fait de la mort de l'enseignant.

Une première condamnation en 2008, non signalée à l'administration

En juin 2008, Romain Farina avait été déjà condamné par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère, à six mois de prison avec sursis avec obligation de soins pendant deux ans pour avoir téléchargé des images pédopornographiques. Sa condamnation n'avait pas été assortie d'une interdiction d'entrer en contact avec des enfants, ni signalée à son administration de tutelle, alors qu'elle figurait à son casier judiciaire.

Face au scandale provoqué par cette affaire, les ministères de l'Éducation et de la Justice ont pris depuis des mesures destinées à améliorer la communication des informations de ce type entre leurs services.

L.A., avec AFP