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VIDEO - Des témoins racontent l'attaque de Strasbourg

Passants, commerçants, habitants... Ils ont raconté à BFMTV comment ils ont vécu l'attaque de Strasbourg mardi soir, qui a fait deux morts et une douzaine de blessés.

Peu avant 20h mardi soir, la panique a gagné les rues du centre-ville de Strasbourg. Un homme armé d'un couteau et d'une arme à feu a tué deux passants - un troisième est en état de mort cérébrale. Une dizaine d'autres personnes ont été blessées dans cette attaque survenue aux abords du marché de Noël.

Sur une vidéo tournée par Arsène, 14 ans, on peut entendre les cris retentir dans la rue des Grandes Arcades. Certaines personnes courent, d'autres sont au sol. On peut entendre l'adolescent, qui filme depuis le 5e étage d'un immeuble, dire "Non, Maman".

"J'ai dit 'Maman' comme ça, sur un ton un peu effrayé, parce qu'elle était censée rentrer dans le secteur à cette heure-ci environ", a-t-il expliqué ensuite à BFMTV.

Rue des Orfèvres, pont du Corbeau, place Gutenberg: partout où le tireur passe, la même sidération saisit les témoins. Julie, présente au moment du drame, a confié sur notre antenne avoir vu "des corps par terre avec des gens à côté", "juste à sa droite". "Ça venait de se passer, ça faisait quoi, peut-être dix minutes", a-t-elle précisé.

"Un petit temps de pause" avant la panique

Quelques instants plus tôt, Axel et sa conjointe se trouvaient dans la rue des Grandes Arcades: "On s'est engagés dans la rue des Arcades. Devant nous, il y avait deux groupes de personnes tout ça à moins de dix mètres. Là la personne (le tireur, NDLR) est arrivée direction de la place Kléber, elle a sorti son arme de poing et elle a commencé à tirer trois fois".

Là, Axel décrit un "petit temps de pause" avant qu'une femme devant lui ne se retourne et lance "Ça tire, ça tire, courez!". "J'ai pris la main de ma conjointe et je lui ai dit 'Cours, cours, t'arrête pas, cours', et quand on s'est retournés il y a eu encore deux coups de feu qui ont été tirés", raconte-t-il sur notre antenne. Sa conjointe victime de crises de panique et d'asthme, le couple ne peut avancer que lentement.

"On s'est dits que c'était bientôt pour nous"

"On ne voyait plus le tireur puisqu'on était dos à lui. On s'est dits que c'était bientôt pour nous vu qu'on n'avançait pas par rapport au reste des personnes qui couraient et qu'on était les plus près du tireur", confie-t-il. Les deux jeunes gens parviennent finalement à rejoindre un barrage de police près de la place des Halles.

Peter Fritz, un journaliste autrichien, a lui porté assistance à l'une des victimes de l'assaillant. "J'ai vu le sang couler de sa tête. Son épouse était dans un état de choc, elle criait. Nous avons porté la victime à l'intérieur d'un restaurant. Chacun à son tour, on a fait un massage cardiaque", rapporte-il. Leurs efforts seront sans succès: Anupong Suebsamarn, un touriste thaïlandais de 45 ans, succombera à ses blessures.

"Ils nous ont donné des sandwiches, offert de l'eau"

Les passants effrayés ont pu s'abriter dans les commerces à proximité. Françoise, vendeuse sur le marché de Noël, est venue remercier le lendemain la boucherie qui l'a accueillie.

"Ils nous ont donné des sandwiches, ils nous ont offert de l'eau. Et puis beaucoup de chaleur humaine", a-t-elle confié sur notre antenne, émue.

Le tireur, poursuivi par quelque 720 membres des forces de l'ordre, est toujours en fuite ce jeudi. Une enquête a été ouverte pour "assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste".

Pauline Revenaz, Loïc Besson, Fanny Morel, Marine Scherer avec Liv Audigane