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Val-d'Oise: deux policiers condamnés à six mois de sursis après une interpellation violente d'un étudiant

Des cordons de police autour de l'endroit où Clarissa Jean-Philippe avait été tuée, le 8 janvier 2015.

Des cordons de police autour de l'endroit où Clarissa Jean-Philippe avait été tuée, le 8 janvier 2015. - Kenzo Tribouillard - AFP

Les deux policiers ont également été condamnés par le tribunal correctionnel de Pontoise à dix mois d'interdiction d'exercer.

Deux policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont été condamnés ce mardi à six mois de prison avec sursis pour des violences lors de l'interpellation d'un étudiant à Cergy, dans le Val-d'OIse, en 2017, a-t-on appris de sources concordantes.

Les deux policiers ont également été condamnés par le tribunal correctionnel de Pontoise à dix mois d'interdiction d'exercer. Lors de l'audience, en mars, le parquet avait requis quatre et six mois de prison avec sursis, ainsi que huit et dix mois d'interdiction d'exercer. 

"Une décision profondément injuste"

"Cette décision est profondément injuste", a réagi leur avocate Caty Richard. "Il s'agit du lynchage judiciaire de deux policiers innocents qui n'ont jamais démérité et qui consacraient leur énergie, leur vie au service des citoyens et à la sécurité publique", a-t-elle ajouté, indiquant avoir immédiatement fait appel.

Les policiers devront également verser chacun 1.500 euros d'indemnités provisoires à l'étudiant, dans l'attente d'une expertise qui doit fixer les dommages et intérêts.

L'étudiant affirme avoir été frappé par les deux agents

Le jeune homme, âgé de 22 ans au moment des faits et étudiant en école d'ingénieur, avait affirmé avoir été frappé par les deux agents dans la nuit du 4 au 5 mai 2017. Il s'était vu délivrer trois jours d'incapacité totale de travail (ITT), selon son avocat Francis Terquem.

D'après son récit, il était en train de rouler un joint dans la rue avec des amis lorsqu'une voiture de police était arrivée à leur hauteur. Deux policiers en civil étaient descendus pour le contrôler. Selon eux, il s'était alors opposé au contrôle et avait donné une claque à l'un des agents. L'étudiant avait livré une tout autre version, assurant avoir été frappé lors de l'interpellation, dans la voiture et de nouveau au commissariat. Il avait aussi dénoncé des attouchements aux testicules lors de la fouille.

"Un dysfonctionnement majeur de l'appareil policier"

Cinq amis du jeune homme, présents ce soir-là, avaient livré des témoignages concordants aux enquêteurs. "Après le parquet, c'est le tribunal qui a choisi le camp des délinquants plutôt que celui des policiers", a encore dit Me Richard. "Leur accusateur n'ayant jamais été poursuivi pour usage de stupéfiants, outrage et rébellion, faits dont il s'était pourtant prévalu pendant l'enquête et lors de l'audience."

"Ce jugement reconnaît l'existence d'un dysfonctionnement majeur de l'appareil policier, au moins local", a de son côté estimé l'avocat de l'étudiant. "Il faut maintenant y remédier", a ajouté Me Terquem. 

Cyrielle Cabot avec AFP