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Un détenu soupçonné de terrorisme  enfermé au milieu des autres

Un détenu radicalisé a été transféré de Fleury-Mérogis à la prison de Bourg-en-Bresse, où il est détenu dans des conditions classiques. Une situation dénoncée par un syndicat d'agents pénitentiaires.

Karim Bekhaled, 25 ans, est incarcéré depuis mardi dans la prison de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain. Soupçonné d'avoir préparé un attentat à Lyon en septembre 2014, il est poursuivi pour association de malfaiteurs dans le but de préparer un acte terroriste. Il était membre d'un groupuscule radical, Forsane Alizza. D'abord incarcéré à Fleury-Mérogis, le détenu a été transféré dans l'attente de son procès à Bourg-en-Bresse la semaine dernière, pour "rapprochement familial".

Comme le relève le quotidien local Le Progrès, l'homme est donc détenu en cellule individuelle, dans des conditions classiques. Une situation dénoncée par le syndicat Ufap-Unsa pénitentiaire. "Cet individu est connu pour faire du prosélytisme", rappelle Claude Tournel, secrétaire général adjoint du syndicat, joint par BFMTV.com. "Dans les conditions actuelles, il va donc avoir tout le loisir de recruter: lors des promenades, des activités sportives et culturelles ou du culte". 

Un conseiller pénitentiaire pour le détenu

L'Upaf-Unsa demande donc à ce que l'individu soit placé à l'isolement. Dans l'établissement, où il manque 60 agents selon le syndicat, "seuls les cadres ont suivi une formation sur la radicalisation. Les agents la suivront seulement en septembre".

Claude Tournel est sur le point d'envoyer une demande par courrier au directeur adjoint de l'administration pénitentiaire pour réclamer un changement de statut du détenu. Il a d'ailleurs du mal à croire que le rapprochement familial soit la seule raison du transfèrement de Karim Bekhaled. "A Fleury, le quartier des radicalisés est plein. Ca ne m'étonnerait pas qu'il essaient de le vider, de peur que ça pète là-bas".

Face aux inquiétudes des agents, l'administration pénitentiaire se veut rassurante, rapporte Le Parisien. Elle répond qu'un "conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation, doté d'une fine connaissance du phénomène de radicalisation", est chargé d'accompagner le détenu. 

Après les attentats, le gouvernement a présenté en mai dernier un nouveau plan pour lutter contre la radicalisation. Mesure phare du plan, la création de cinq quartiers dédiés aux détenus radicalisés dans les prisons de Fresnes, dans le Val-de-Marne, Lille-Annoeullin dans le Nord, Osny dans le Val-d'Oise et Fleury-Mérogis dans l'Essonne. Chaque quartier peut accueillir 20 à 25 détenus. Il s'agit d'une mesure expérimentale. Par ailleurs, Jean-Jacques Urvoas a annoncé en juin dernier sur BFMTV que le programme de déradicalisation testé dans ces prisons serait étendu à 27 autres établissements. 

A. K.