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Touristes en détresse: les secours pas toujours gratuits

Les hélicoptères de la gendarmerie sont très souvent mis à contribution.

Les hélicoptères de la gendarmerie sont très souvent mis à contribution. - -

Les secours mobilisés la semaine dernière dans le Verdon pour retrouver des touristes qui étaient déjà chez eux ont mis en lumière ce dispositif. BFMTV.com fait le point.

La semaine dernière, la gendarmerie a mobilisé d'énormes moyens humains et financiers pour tenter de retrouver "les disparus du Verdon", deux couples qui en réalité étaient tranquillement chez eux.

Si la gratuité des secours s'appliquera pour eux, des exceptions sont prévues, notamment pour les activités en montagne. BFMTV.com fait le point.

> Combien ont coûté les recherches dans le Verdon?

Selon la préfecture du Var les service départementaux d'incendie et de secours du Var et la gendarmerie nationale ont été mobilisés pour un coût total d'environ 65.000 euros, dont 59.482 euros pour la gendarmerie, et 5.200 pour les secours.

> Des poursuites peuvent-elles être engagées?

Comme l'a rappelé la procureure de la République, il est impossible d'engager des poursuites judiciaires à l'encontre des "faux disparus" du Verdon. Ils encourent seulement une contravention de 35 euros pour avoir navigué au-delà de la limite autorisée.

Des poursuites pénales peuvent être engagées lorsqu'il y a eu dénonciation mensongère d'un crime ou d'un délit qui a entraîné d'"inutiles recherches". Une telle dénonciation est passible de six mois de prison et 7.500 euros d'amende.

> Qui est responsable des secours?

C'est le maire sur le territoire de la commune: en mer, dans les 300 mètres en bordure de la plage, en montagne sur le domaine skiable.

En mer, au-delà de la zone des 300 mètres, la Société nationale de sauvetage en mer prend le relais pour secourir pêcheurs ou plaisanciers en difficulté. Avec un budget annuel de 25 millions d'euros, provenant à 75% de dons, de legs et de fondations, et 25% de l'Etat et des collectivités locales, la SNSM porte secours à quelque 8.000 personnes par an.

En montagne, hors du domaine skiable, les secours reviennent à l'Etat qui met alors en oeuvre sapeurs-pompiers, pelotons de gendarmerie de moyenne et de haute montagne, CRS de montagne, personnels de la Sécurité civile avec leurs moyens, commme les hélicoptères.

> Qui paye pour les moyens mis en œuvre?

En mer, les secours sont gratuits dans la limite des 300 mètres en bordure de plage. Au-delà, les secours aux personnes restent également gratuits. Mais depuis 1970, la SNSM fait payer le remorquage du bateau secouru, entre 300 et 700 euros l'heure de remorquage selon la taille du bateau.

En montagne, les secours sont gratuits pour les alpinistes en dehors du domaine skiable, l'Etat en supportant le coût. Mais sur le domaine, la loi prévoit que "les communes peuvent exiger des intéressés ou de leurs ayants droit une participation aux frais qu'elles ont engagés à l'occasion d'opérations de secours". Les communes, ajoute l'article, "déterminent les conditions dans lesquelles s'effectue cette participation, qui peut porter sur tout ou partie des dépenses".

> Les assurances peuvent-elles jouer?

Les frais (rapatriement sanitaire, évacuation) sont pris en charge par l'assurance si l'assuré est blessé. Pour en bénéficier, il existe trois possibilités: en option avec le contrat multirisques habitation, achat avec le forfait de ski, couverture automatique via une carte de paiment de type "Gold" ou Visa premier".

En montagne, en 2011, selon un rapport de la Cour des Comptes, il y a eu 181 décès hors domaine skiable, 13 morts sur le domaine. La Cour a évalué à 61 millions d'euros le coût global du dispositif d'Etat -policiers et gendarmes-, dont 31 % sont imputables à l'emploi des hélicoptères. Le coût d'une intervention est en moyenne de 8.600 euros.

A. G. avec AFP