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Une "hotline" de Daesh pour apprendre à crypter ses messages

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- - Dans une note révélée par RTL ce lundi, la DGSE indique avoir découvert le 18 novembre une plateforme internet où des conseillers de Daesh expliquent aux cyberjihadistes comment crypter leurs communications (image d'illustration).

Les services de renseignement français ont découvert une plateforme, mise en place par l’organisation jihadiste, pour apprendre aux apprentis terroristes du monde entier à crypter leurs messages.

Une hotline pour les cyberdjihadistes du monde entier. C’est l’inquiétante découverte faite par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Les services de renseignements français s’inquiètent, dans une note rédigée début décembre et dévoilée par RTL ce lundi, de l’existence d’une "cellule d'assistance informatique" mise en place par Daesh (l’acronyme en arabe de l'État Islamique) et accessible 24h/24.

Les espions français ont trouvé la trace de cette plateforme internet le 18 novembre dernier, cinq jours après les attentats de Paris. D’après la radio, elle est animée par des "experts informatiques titulaires de diplômes universitaires" distillant des conseils pour crypter leurs messages sur le web et leurs communications téléphoniques afin d’éviter d'être écoutés par les services de renseignements européens et américains.

Un compte Twitter ("islamiscate technical") formerait également à l'utilisation des services de messagerie cryptée russe Telegram et suisse Threema. Enfin, des blogs offriraient des cours à distance.

"Décryptage impossible"

Or, rappelle RTL, les dernières enquêtes ont montré que tous les réseaux démantelés en France ces derniers mois utilisaient des méthodes de cryptage de leurs communications. Et les techniques employées par les jihadistes semblent redoutablement efficaces:

"Il faut être clair, à partir du moment où le cryptage est réalisé correctement de bout en bout, il n'y a pas de parade. Même avec les super-ordinateurs que les uns ou les autres peuvent avoir, on est aujourd'hui sur des logiciels qui utilisent des cryptages importants et le décryptage de ces messages s'avère impossible", explique François Paget, secrétaire adjoint du Club de la sécurité de l'information français (Clusif), au micro de la radio. 

"Systèmes de plus en plus perfectionnés"

"Pour communiquer, les membres de l'État islamique recourent à des systèmes de plus en plus perfectionnés", confirme auprès du Point Nicolas Duvinage, colonel de gendarmerie responsable de l'équipe du Centre de lutte contre les criminalités numériques.

Si elles ont aussi du mal à surveiller le "dark net", le réseau souterrain du Web mondial, utilisé par des réseaux criminels et terroristes, les autorités se heurtent aussi au manque de coopération de certaines sociétés basées à l’étranger.

Montrées du doigt après les attentats de Paris, plusieurs messageries sécurisées sur smartphone avaient annoncé fin novembre bloquer des comptes liés à Daesh ou restreindre l'accès à leurs applications. Telegram, la plus sécurisée d'entre elles et par laquelle transitent plus de 10 milliards de messages chaque jour, avait ainsi indiqué bloquer des dizaines de comptes liés à l’organisation jihadiste qui seraient utilisés pour une propagande extrémiste. Mais de son côté, Threema avait expliqué que même une "surveillance totale" ne pourrait pas stopper les violences. 
V.R.