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Terrorisme

Suicide de Yassin Salhi: il n'y aura pas de procès pour l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier

Des proches d'Hervé Cornara, victime de Yassin Salhi, lors d'une marche le 30 juin dernier.

Des proches d'Hervé Cornara, victime de Yassin Salhi, lors d'une marche le 30 juin dernier. - Philippe Desmazes - AFP

L'auteur de l'explosion dans une usine en Isère et de la décapitation d'un chef d'entreprise s'est pendu mardi soir dans sa cellule. Des actes qui avaient brutalement rappelé l'enjeu de la sécurité des sites industriels sensibles, et la menace constante du terrorisme islamiste.

Yassin Salhi ne sera pas jugé pour l'attaque du site gazier de Saint-Quentin-Fallavier et la décapitation de son patron. L'homme, âgé de 35 ans, s'est pendu avec ses draps aux barreaux de sa cellule du quartier d'isolement mardi soir, à Fleury-Mérogis. Un suicide qui entraîne l'extinction des poursuites judiciaires à son encontre. Retour sur les faits.

Le 26 juin 2015, au matin, Yassin Salhi quitte l'appartement qu'il occupe avec son épouse et ses trois enfants à Saint-Priest, dans le Rhône, pour se rendre au siège de son entreprise, Colicom, à Chassieu, au sud-est-de Lyon, où il est chauffeur-livreur. Il porte sur lui un couteau et un fusil à pompe factice.

Une mise en scène macabre

Arrivé au siège de Colicom, il charge son utilitaire de bouteilles de gaz en vue d'une livraison, puis attend son employeur, Hervé Cornara, avec qui il a eu une vive altercation deux jours plus tôt pour une palette renversée. Un peu plus tard, son patron arrive et monte à bord du véhicule. Là, selon le récit des enquêteurs, Yassin Salhi l'assomme, avant de l'étrangler

Il se dirige alors vers l'usine de gaz industriels Air Products. Sur place, il décapite sa victime avec son couteau, puis pénètre dans l'enceinte du site industriel, classé zone sensible, où on lui ouvre toutefois la porte sans formalité: il est connu du personnel pour ses livraisons. Il se gare dans le parking, puis prend alors un selfie macabre avec la tête de son employeur, et l'envoie à un ami partir combattre en Syrie dans les rangs de l'Etat islamique. 

Il a toujours contesté toute motivation islamiste

Selon les enquêteurs, il s'empare ensuite de la tête d'Hervé Cornara pour la fixer sur un grillage, parachevant sa mise en scène macabre en accrochant à proximité deux drapeaux frappés de la "chahada", la profession de foi musulmane. Puis il reprend son utilitaire avant d'entrer en collision avec des bouteilles de gaz disposées dehors, provoquant une explosion. 

La déflagration ne fera aucune victime. Lui-même sera maîtrisé par des pompiers, arrivés très rapidement sur place.

L'attentat "correspond très exactement aux mots d'ordre de Daesh", avait alors estimé le procureur de Paris, François Molins, notamment par la volonté de Salhi de "donner à son acte une publicité maximale". Pourtant, à l'inverse d'un Mohamed Merah, des frères Kouachi, d'Amedy Coulibaly ou des jihadistes qui ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre, Yassin Salhi a toujours contesté en garde à vue toute motivation islamiste, invoquant un différend professionnel avec son patron. 

Alexandra Gonzalez, avec AFP I vidéo : Rym Bey