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Saint-Denis: qui sont les suspects qui se trouvaient dans l'immeuble?

L'immeuble détruit après l'assaut et l'explosion de la femme kamikaze, mercredi.

L'immeuble détruit après l'assaut et l'explosion de la femme kamikaze, mercredi. - Joël Saget - AFP

Sept suspects ont été interpellés, et deux autres ont été tués dans l'assaut donné avant le lever du jour, mercredi matin à Saint-Denis, au nord de Paris. Un troisième corps pourrait être découvert sous les décombres dans les prochaines heures, selon le ministère de l'Intérieur.

Mercredi, les policiers du RAID ont donné l'assaut dans un appartement de Saint-Denis, au nord de Paris, où s'étaient retranchés plusieurs suspects mêlés aux attentats perpétrés vendredi dernier. La principale cible recherchée était Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des opérations, et jihadiste belge de 28 ans. 

Des vérifications sont en cours pour déterminer s'il se trouve parmi les personnes tuées ou interpellées. "Il est en l'état impossible de vous donner les identités. Tout sera fait pour savoir qui est qui et en fonction de quoi on vous dira qui se trouvait dans l'appartement", a promis le procureur en charge de l'enquête, François Molins. Voici toutefois les éléments dont on dispose ce mercredi en fin de journée.

Les trois premiers interpellés

Il est 4h20 lorsque les policiers du RAID pénètrent dans l'immeuble. Ils sont immédiatement accueillis par des tirs nourris. A 4h50, après avoir réussi à s'approcher de l'appartement, ils réussissent à exfiltrer trois individus, qui ne montrent aucune résistance pour sortir des lieux. Ils sont présentés par une femme qui a fréquenté l'endroit comme "des individus hébergés là, sans lien avec les attentats". Ils ont toutefois été placés en garde à vue dans les bureaux de l'antiterrorisme à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine.

La femme kamikaze

Il est 6 heures du matin lorsqu'une jeune femme retranchée dans l'appartement se fait sauter au moyen d'une ceinture d'explosifs. D'après nos informations, il s'agit d'Hasna, 26 ans, cousine d'Abdelhamid Abaaoud, et née à Clichy-la-Garenne en 1989. Elle avait été placée sous surveillance depuis ce mardi par la police. 

D'après une source proche du dossier consultée par TF1, la jeune femme, qui avait exprimé par le passé son désir de faire le jihad, aurait été "aperçue en train de passer un coup de téléphone" quelques minutes avant de mourir.

Un son amateur, diffusé par le site de la chaîne, dévoile des échanges entre les forces de l'ordre et elle. "Il est où ton copain?", crie un agent du RAID. "C'est pas mon copain", répond-elle en hurlant à deux reprises, avant que les bruits de tirs ne reprennent. 

  • Le deuxième mort

Peu avant l'explosion de la femme kamikaze, l'un des tireurs d'élite de la police postés sur le toit de l'immeuble situé en face touche mortellement l'un des individus retranchés dans l'appartement, qui s'écroule. L'identification de son corps est en cours.

Le couple interpellé devant les caméras

Il s'agit de Jawad, le propriétaire de l'appartement pris d'assaut, et d'Ayet, une amie à lui. Alors qu'il raconte aux médias présents qu'il ne connaît absolument pas l'identité des terroristes présumés, à qui il a prêté les lieux durant quelques jours "pour rendre service", il est emmené par la police. 

Son amie, Ayet, a elle aussi eu le temps de parler aux journalistes avant d'être placée en garde à vue. Elle explique que l'appartement en question est un studio, "une chambre et une cuisine, où il n'y a rien", et où sont logés des individus "sans payer quoi que ce soit".

Les derniers suspects arrêtés

Il est 10h30 lorsque deux derniers suspects sont trouvés dans l'appartement situé en-dessous du premier, "en train de se cacher dans les gravats", a indiqué le procureur de Paris, François Molins. Le souffle de l'explosion de la femme kamikaze a en effet détruit le sol et le plafond, laissant un champ de ruines dans le petit immeuble.

  • Il s'agit Mohamed Naoufal et de Mohamed Ilchkh, tous deux âgés de 26 ans et de nationalité égyptienne. Pour l'heure, des liens éventuels avec les attentats de Paris n'ont pas été établis. L'immeuble dans lequel il se trouvait est réputé pour être un squat dans lequel se trouvait des clandestins, selon le voisinage.

Les sept personnes interpellées peuvent être gardées à vue jusqu'à 96 heures au total, comme dans le cadre de toute enquête antiterroriste.

Alexandra Gonzalez