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Riss: "On travaille en se disant que quelque chose pourrait à nouveau arriver"

Riss, interviewé par la télévision CNN.

Riss, interviewé par la télévision CNN. - BFMTV

Interviewé par CNN, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo revient sur la vie au journal, un an après l'attentat terroriste qui a fait 12 victimes.

"On doit toujours faire attention". Un an jour pour jour après l'attentat contre le siège de Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts, le directeur de la rédaction du journal, Riss, a confié dans une interview à la télévision américaine CNN que les survivants "travaillent en se disant que peut-être quelque chose pourrait à nouveau un jour, arriver".

"On doit toujours faire attention. On est toujours protégés. Au journal, on a pris des mesures de sécurité très importantes", dit l'auteur du dessin de la Une du numéro de Charlie Hebdo spécial attentats, en kiosques depuis mercredi, dans lequel il signe également un éditorial en faveur de la laïcité.

"Cette année qui s'est écoulée a été très difficile, puisqu'il a fallu refaire le journal, il a fallu se reconstruire personnellement, affronter nos propres douleurs. C'est un combat personnel", explique Riss, blessé à l'épaule lors de l'attaque. Et d'ajouter: "On est un an après dans une vision peut-être encore plus pessimiste". 

"On ne s'est pas forcés à dessiner Mahomet"

Revenant sur les caricatures de Mahomet, publiées à plusieurs reprises en Une de Charlie Hebdo, et qui ont valu au journal de nombreuses menaces par le passé, avant que les terroristes ne viennent décimer la rédaction, Riss a affirmé qu'elles n'avaient "pas été dessinées par calcul".

"On ne se dit pas 'on va dessiner ça parce que ça vaut le coup'. On l'a dessiné spontanément. Parce que ça ne nous semblait pas si grave que ça. Ca nous amusait. Donc c'était un geste spontané et pas calculé. On ne s'est pas forcés à dessiner Mahomet", fait valoir Riss. "Pour nous c'était évident que dans un pays comme la France, un pays laïc, on pouvait et on avait le droit de dessiner ce qu'on veut".
Adrienne Sigel