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Radicalisation: "Il y a des parents qui ne font pas leur devoir", assure Latifa Ibn Ziaten

Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad assassiné par Mohamed Merah en 2012, insiste sur le devoir d'éducation et d'accompagnement des parents face aux risques de radicalisation.

Deux images qui s'entrechoquent ce vendredi. Latifa Ibn Ziaten, la mère d'Imad, l'une des victimes de Mohamed Merah, a été décorée de la Légion d'honneur. Depuis la mort de son fils, elle lutte contre la radicalisation des jeunes. "Il faut tendre la main à ces jeunes", réagit-elle sur BFMTV après la mise en examen de deux adolescentes suspectées de projeter un attentat terroriste contre une salle de spectacle parisienne.

"On a besoin de les aider, insiste Latifa Ibn Ziaten. Il y a beaucoup de difficultés à l'école, dans les quartiers, dans les maisons d'arrêt. Aujourd'hui, ça touche tout âge. Je rencontre aujourd'hui des jeunes de 11 ans, de 12 ans, il y a de la violence."

Pour éviter que ces jeunes basculent dans la radicalisation, Latifa Ibn Ziaten, qui a ouvert un centre pour les jeunes et les parents dans le Val-d'Oise, préconise "l'éducation". Comme dans le cas des deux adolescentes interpellées cette semaine, "à 15 et 17 ans, c'est encore aux parents d'être derrière leurs enfants".

Malheureusement, selon elle, "il y a des parents qui ne font pas leur devoir".

Et ce travail d'accompagnement passe aussi par un contrôle des fréquentations, notamment sur Internet. "Quand on laisse les enfants isolés dans leur chambre, on ne sait pas avec qui ils parlent. Ce n’est pas parce qu’il est à la maison, qu’il ne fait rien, prévient Latifa Ibn Ziaten. C’est là qu’ils tombent sur des requins." Rappelant alors le "besoin de dialoguer, d'avoir confiance".
J.C.