BFMTV

Policiers tués à Magnanville: deux proches du tueur présumé mis en examen

Larossi Abballa s'est réclamé de Daesh.

Larossi Abballa s'est réclamé de Daesh. - Capture BFMTV

Deux des trois proches de Larossi Abballa ont été déférés samedi devant un juge antiterroriste. Ils pourraient être mis en examen dans la journée.

Les quelque 96 heures de gardes à vue se sont achevées. Deux des trois proches de Larossi Abballa, l'auteur présumé du meutre de Jean-Sébastien Salvains et Jessica Schneider, interpellés peu après le drame, ont été déférés devant la justice antiterrorisme, a annoncé samedi matin le parquet de Paris. Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji ont été mis en examen et écroué.

Pour l'heure, ils sont soupçonnés des chefs d'"association de malfaiteurs terroriste". A ce stade, la justice n'a pas établi de complicité directe de ces deux suspects dans le double assassinat de Magnanville.

Le parquet annonce dans le même temps qu'une information judiciaire a été ouverte, notamment pour "assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique (...) et complicité" et "séquestration (...) d'un mineur de moins de 15 ans", en lien avec une entreprise "terroriste".

Une troisième garde à vue levée

"A l'issue de leur garde à vue, ont été déférés et seront présentés au magistrat instructeur (...) en vue de leur mise en examen du chef de participation à une association de malfaiteurs terroriste" criminelle, "en état de récidive légale", a indiqué le parquet de Paris. Les deux hommes avaient été condamnés en 2013 avec Larossi Abballa au procès d'une filière d'envoi de jihadistes au Pakistan.

La garde à vue du troisième homme a été levée sans poursuites à ce stade, a précisé le parquet. Au cours de ces gardes à vue, les trois proches du tueur présumé du couple de policiers à Magnanville ont condamné ce double assassinat perpétré par leur connaissance au nom de Daesh.

Condamnés dans une affaire de filière jihadiste

Pour rappel, deux des personnes interpellées, âgées de 27 et 29 ans, avaient été condamnées avec Larossi Abballa en septembre 2013 au procès d'une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad. Parmi elles figurent, Charaf-Din Aberouz et Saâd Rajraji. Le premier, considéré comme la tête pensante, l'"émir", de la filière jihadiste, a dénoncé le double meurtre de Larossi Abballa, même s'il assure soutenir les thèse de Daesh sans apporter son soutien au jihadisme armé.

Saâd Rajraji, également complice dans le réseau jihadiste vers le Pakistan, refuse d'être associé à l'assassinat des deux policiers. Devant les enquêteurs, l'homme aurait dénoncé les attentats du 13 novembre et les actions, en général, de Daesh. C'est pourtant chez lui qu'une liste portant les noms de plusieurs policiers du département de Seine-saint-Denis, leur adresse professionnelle et leur fonction a été retrouvée. Une liste, semble-t-il, vieille de dix ans. Le troisième homme est lui un ami de collège de Larossi Abballa. même s'il a collaboré au sein de la sandwicherie de l'assassin présumé, il assure ne plus avoir de contact avec ce dernier depuis des mois.

J.C. avec AFP