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L'Etat a suspendu les prestations sociales de 290 jihadistes français en 2014

Bernard Cazeneuve a reconnu mardi que le gouvernement a interrompu en 2014 le versement des prestations sociales pour 290 Français partis faire le jihad. Selon le député UMP Alain Marsaud, d'autres jihadistes continueraient à percevoir des allocations de l'étranger. Un problème auquel le gouvernement assure "remédier".

Faut-il suspendre les prestations sociales pour les familles parties faire le jihad? Interrogé mardi par le député UMP Alain Marsaud lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée, Bernard Cazeneuve a rétorqué que l'Etat avait déjà eu recours à cette sanction.

Un peu plus tôt, le député UMP des Français de l’étranger s'était alarmé du départ "d'un ou deux milliers de jeunes Français (...) pour aller combattre à l'étranger". Face au ministre de l'Intérieur, il avait pointé du doigt "l'utilisation supposée des allocations familiales et prestations de toutes natures que continuaient à percevoir les dites familles dans ces zones". Un problème qui inquiète les directeurs de caisses d'allocations familiales qui sont, selon Alain Marsaud, dans l'incapacité de "contrôler et stopper les prestations au profit de ces personnes".

Des "manquements" pas si fréquents, selon Bernard Cazeneuve. "Il peut exister à certains moments tel ou tel problème, mais nous y remédions", a ajouté le ministre. "L'an dernier, 290 cas ont été signalés et le versement des prestations s'est interrompu pour ces personnes-là", a-t-il poursuivi.

Le ministre de l'Intérieur a également rappelé que "ces prestations impliquent que ceux qui en bénéficient soient localisés sur le territoire national". Lorsqu'un cas est signalé, "il est immédiatement mis fin au versement des prestations avec la plus grande rigueur", "il y a une détermination totale et elle se poursuivra", a ajouté Bernard Cazeneuve.

Mais selon Alain Marsaud, "il est temps que nos services de renseignement croisent leurs fichiers et informations avec les caisses d'allocations familiales et vice-versa". L'année dernière déjà, le député s'était attaqué à la question des allocations familiales. Il avait provoqué l'indignation de la majorité en affirmant que le voyage en Syrie de Mohammed Merah avait été financé par les prestations sociales qu'il percevait.

Johanne Eva Desvages