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Foued Mohamed-Aggad "avait déclaré qu'il voulait être kamikaze", selon l’avocate de son frère

D'après Françoise Cotta, l'avocate de son frère, Foued Mohamed-Aggad avait informé sa famille de "son projet d'être kamikaze". Mais "il se destinait à l'Irak" et "pas du tout" à la France, a-t-elle expliqué sur BFMTV.

Foued Mohamed-Aggad, le troisième kamikaze du Bataclan qui vient d’être identifié, "avait déclaré qu’il voulait être kamikaze mais qu’il se destinait à l’Irak", a indiqué mercredi sur BFMTV Françoise Cotta, l’avocate de son frère, actuellement emprisonné à Fleury-Merogis pour être parti et revenu de Syrie.

"Nous savions tous que Foued voulait rester en Syrie. Mais nous savions aussi qu’il avait déclaré à sa mère ou à son frère qu’il voulait être kamikaze mais qu’il se destinait à l’Irak", a-t-elle assuré à notre micro. "Donc jamais personne n’a imaginé un seul instant qu’il puisse revenir en France, ça n’était pas du tout officiel et programmé."

"Il a toujours dit qu’il ne reviendrait pas en France"

Selon l'avocate, Foued Mohamed-Aggad, un Strasbourgeois de 23 ans avait dit à son frère et à sa mère qu'il ne reviendrait pas en France. 

"Nous sommes sidérés, puisque à aucun moment pour lui il n’a été question de rentrer en France. Vous savez, il était en contact avec son frère, il était en contact avec sa mère. Il leur a toujours dit, jusqu’aux derniers échanges il y a quelques mois, qu’il ne reviendrait pas en France et qu’il partirait en Irak", a expliqué Françoise Cotta.

Et de marteler: "Son projet d’être kamikaze, c’était pour l’Irak et pas du tout pour la France".

"Nous sommes absolument sidérés"

Qu'est-ce qui a poussé Foued Mohamed-Aggad et son frère à partir pour la Syrie fin 2013 avec un groupe d'amis? "La famille ne peut pas l’expliquer, les experts ne peuvent pas l’expliquer. Nous sommes tous absolument sidérés devant ce type de comportement. Je n’ai pas d’explication", a évacué le conseil.

Le frère de Foued "parle de la façon dont il a rencontré à un moment donné certaines personnes qui l’ont amené à pratiquer un stage", a rapporté Françoise Cotta. Toutefois, le jeune homme qu'elle défend n’était selon elle "pas du tout impliqué à Strasbourg dans une filière en tant que telle."

"Il dit simplement qu’à un moment donné il a eu la révélation du massacre qui était perpertré contre ses frères musulmans par Bachar al-Assad et que c’est dans ces conditions qu’il est parti pour prêter main forte à la population civile", a-t-elle ajouté.

L'avocate a par ailleurs fourni quelques précisions sur le profil de son client. Le frère de Foued Mohamed-Aggad, a-t-elle estimé, a le "parcours tout à fait classique d'un jeune homme né dans la région de Strasbourg qui a été scolarisé, qui a eu une formation, qui avait un travail, qui avait des amis, qui sortait, qui a fréquenté certainement même des boîtes de nuit et n’avait jamais présenté le moindre problème ni laissé imaginer ce qui pourrait arriver par la suite."

V.R.