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Captagon: "La drogue des jihadistes est un mythe", selon un rapport de l'OFDT

Des pilules de captagon saisies à Beyrouth au Liban, le 11 juin 2010 (image d'illustration)

Des pilules de captagon saisies à Beyrouth au Liban, le 11 juin 2010 (image d'illustration) - JOSEPH EID / AFP

L'OFDT confirme qu'aucun des terroristes ayant commis des attentats en Europe depuis 2015 n'était sous l'emprise de captagon, pourtant surnommée depuis "drogue du jihad."

Surnommé la "drogue des jihadistes", le captagon, une amphétamine tirée d'un ancien médicament psychotrope, n'a été consommé par "aucun des terroristes ayant commis des attentats revendiqués par l'EI en Europe depuis 2015", selon un rapport diffusé jeudi par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanie (OFDT).

Une drogue associée au jihad

"L'existence d'une 'drogue des jihadistes' est un mythe", a déclaré à l'AFP l'auteur du rapport, Laurent Laniel, chercheur spécialiste des marchés des drogues illicites à l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT). 

Selon lui, les attentats du 13 novembre ont créé une association entre jihadistes et captagon, et par extension la Syrie. "Mais aucun de ces terroristes n'a consommé du captagon avant de passer à l'acte", a-t-il souligné. 

Après les attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis fin 2015, l'hypothèse que les assaillants avaient agi sous l'effet de substances avait été rapidement émise. Mais les autopsies pratiquées avaient démontré qu'ils n'étaient ni sous l'emprise de la drogue, ni de l'alcool.

Certaines informations laissent penser que le captagon, une drogue censée procurer une sensation d'invulnérabilité, est consommé par des combattants en Syrie, précise Laurent Laniel, "mais rien ne prouve que cela concerne les combattants de l'Etat islamique, qui par ailleurs, condamne fermement l'usage de drogue".

Une substance qui n'existe plus

Vendu sous la forme d'un petit comprimé blanc estampé d'un logo caractéristique représentant deux demi-lunes, le captagon est à l'origine un médicament qui a été commercialisé à partir du début des années 1960 et dont le principe actif est la fénétylline, une drogue de synthèses de la famille des amphétamines. 

"Or, la fénétylline n'est plus produite aujourd'hui, cette substance n'existe plus", explique M. Laniel. "Ce qu'on appelle le captagon aujourd'hui et qui est vendu sur le marché illicite, est constitué principalement d'amphétamine et s'apparente à du speed (stimulant, NDLR)".

Selon Laurent Laniel, le mythe de la drogue du jihadiste exprime "la difficulté des sociétés occidentales à penser l'ennemi".

"Dans le contexte post-13 novembre, il était plus facile de penser que ces terroristes étaient drogués, que de voir qu'ils avaient commis des attentats de masse en tuant des gens avec des fusils d'assaut sans être défoncés, ni même avoir pris une goutte d'alcool", a-t-il expliqué.

C.Br. avec AFP