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Attentat de Nice: seulement 10% des victimes indemnisées

Des fleurs pour l'hommage aux victimes de la tuerie de Nice, le 17 juillet.

Des fleurs pour l'hommage aux victimes de la tuerie de Nice, le 17 juillet. - Valery Hache - AFP

Plus de quatre mois après l'attentat de Nice, seulement 10% des victimes ont été indemnisées. Elles se heurtent à des difficultés administratives et judiciaires.

Plus de 700 victimes de l'attentat de Nice, qui a fait 85 morts le 14 juillet dernier, n'ont pas pu porter plainte pour déposer leur demande d'indemnisation. Selon Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, ces victimes ne peuvent tout simplement pas déposer leur plainte. A l'antenne de France bleu Azur, il explique:

"La nécessité de porter plainte même interroge, il y a des juges pour mener l'investigation, la plainte a un but indemnitaire : de certifier le récit de la personne".

Un procès-verbal nécessaire

Le fonds de garantie réclame en effet plusieurs pièces justificatives pour lancer la procédure d'indemnisation: parmi elles un procès-verbal de police ou encore un certificat médical. 

Mais les victimes de Nice doivent engager la procédure dans une seule caserne, débordée. Les gendarmes et policiers peuvent y traiter "30 plaintes par semaine", précise Stéphane Gicquel qui évoque "un engorgement". Ainsi, depuis l'attentat "seulement 10% (des rescapés, ndlr) sont reconnus comme victime et on reçu une première indemnisation". 

Des tournures "ubuesques"

Par ailleurs, le secrétaire général évoque des débats "ubuesques" en marge du processus d'indemnisation. "On nous a expliqué que les gens qui était sur le terre plein de la promenade ne peuvent pas être considérées comme victimes parce que le camion n'était pas sur le terre plein", détaille-t-il.

Après les attentats de 2015, le gouvernement a renforcé les services d'aide aux victimes. Le 16 novembre dernier, Juliette Méadel, la secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes, annonçait la création d'une administration dédiée aux victimes de terrorisme. Placée sous l'autorité du Premier ministre, elle sera lancée en janvier prochain et devrait permettre la coordination des politiques publiques sur le suivi des victimes d'attentat. 

M.L.