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Tariq Ramadan va être remis en liberté sous conditions

Tariq Ramadan est accusé de viol par plusieurs femmes

Tariq Ramadan est accusé de viol par plusieurs femmes - Mehdi Fedouach - AFP

Mis en examen pour des soupçons de viols sur deux femmes, Tariq Ramadan était en détention provisoire depuis dix mois.

La cour d'appel de Paris a ordonné ce jeudi la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Tariq Ramadan, a annoncé son avocat Emmanuel Marsigny. L'islamologue est incarcéré depuis sa mise en examen, le 2 février dernier, pour des accusations de viols qu'il conteste.

La libération du Suisse de 56 ans est soumise au versement d'une caution de 300.000 euros, comme l'énonce sur Twitter Me Francis Szpiner, l'avocat d'Henda Hayari, l'une des plaignantes.

Autres conditions à sa remise en liberté: Tariq Ramadan doit remettre son passeport suisse, il a interdiction de quitter le territoire, d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Une fois sorti de prison, il devra par ailleurs pointer une fois par semaine au commissariat.

Pour l'instant, Tariq Ramadan n'a pas encore quitté l'établissement pénitentiaire, selon son avocat à BFMTV, car la caution n'a pas encore été formellement versée. Son avocat Me Marsigny a déclaré sur BFMTV que l'état de santé de l'islamologue s'était "dégradé" depuis son incarcération et qu'il était "en milieu hospitalier depuis neuf mois". "Tariq Ramadan est aujourd'hui handicapé, nous ne savons pas si ce handicap est irréversible" a ajouté son avocat

Quatrième demande de remise en liberté

La chambre de l'instruction a rendu cette décision, non susceptible d'appel, après avoir entendu Tariq Ramadan plaider lui-même sa cause avec énergie lors d'une rare audience en public ce jeudi après-midi.

"J'irais fuir où ? Alors que tout va vers mon innocence. Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence", a déclaré Tariq Ramadan depuis le box.

Dans la salle, sa fille et une dizaine de ses partisans étaient présents, vêtus de T-shirt "Free Tariq Ramadan".

"L'audience ayant été publique, tout le monde a pu entendre que la cour n'allait pas se prononcer sur sa culpabilité ou son innocence, mais sur la question de savoir si les conditions de son maintien en détention étaient toujours remplies", a réagi Me Éric Morain, l'avocat de "Christelle".

Cette demande de mise en liberté, la quatrième après près de dix mois de détention, avait été rejeté la semaine dernière par les juges d'instructions et le juge des libertés et de la détention. Les magistrats craignaient notamment des pressions sur les plaignantes, Henda Ayari et une femme appelée "Christelle" dans les médias. Toutes deux avaient lancé l'affaire en dénonçant à l'automne 2017 avoir subi un rapport sexuel d'une extrême violence, en 2012 pour la première et en 2009 pour l'autre.

Effondrement de l'accusation

Cette nouvelle demande a été déposée dans la foulée d'une audition, fin octobre, où l'islamologue avait admis des relations sexuelles "consenties" avec ses accusatrices. Après un an de dénégations, la révélation d'échanges par SMS sans ambiguïté l'avait contraint à changer de version.

"Il est évident que les aveux de Tariq Ramadan après neuf mois de mensonges ont joué dans cette décision", a estimé Me Eric Morain.

"La remise en liberté de Tariq Ramadan est logique au regard des derniers développements du dossier qui démontrent que les accusations de viols s'effondrent", s'est félicité l'avocat de la défense, Me Emmanuel Marsigny.

A.L. avec AFP