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Takieddine assure avoir remis des valises d'argent à Sarkozy mais nie tout lien avec la campagne de 2007 

Ziad Takieddine

Ziad Takieddine - BFMTV

L'homme d'affaires franco-libanais, qui assure avoir agi comme intermédiaire entre Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy, convoyant de l'argent du premier vers le second, était l'invité de notre journaliste Olivier Truchot ce mercredi. Ziad Takieddine a bien sûr évoqué le dossier libyen.

Alors que Nicolas Sarkozy était ces deux derniers jours entendu en garde à vue dans le cadre de l'enquête liée aux soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, Ziad Takieddine était l'invité de BFMTV ce mercredi soir. Cet homme d'affaires franco-libanais, mis en examen autour de ce dossier pour complicité de corruption, complicité de diffamation, a donné sa version de l'affaire depuis Beyrouth au Liban. 

Trois valises 

Ziad Takieddine clame avoir remis des valises pleines de billets en provenance de Libye à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, alors que le premier était encore ministre de l'Intérieur. Il a détaillé ces dépôts sur notre antenne:

"J’ai remis à monsieur Claude Guéant une de ces valises qui contenait un million 500.000 euros au départ, puis deux millions à Nicolas Sarkozy dans son appartement et la troisième à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant au ministère de l’Intérieur. Je précise bien qu’à chaque fois que je venais au ministère, il y avait un registre officiel avec mon nom et celui de qui je venais voir". 

Un argent lié à un accord bilatéral? 

S'agissait-il d'un financement de la future campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par le colonel Kadhafi? Non, a répondu nettement l'homme d'affaires. "Ce n’est pas du tout lié la campagne présidentielle. Car celle-ci a pu être financée par d’autres réseaux comme celui de Béchir Saleh", a-t-il affirmé, évoquant une ancienne figure de l'exécutif de Mouammar Kadhafi et personnage-clé du dossier.

"C’est un argent qui faisait partie des accords entre les deux pays sur le contrôle des frontières maritimes des deux pays, avec échanges d’informations. Il y avait un devoir de former en France des équipes libyennes avant la livraison du matériel. Dans ce cadre-là, il y avait des formations à destination de quelques centaines de Libyens. Ils ont établi en France que ça allait coûter dans les cinq millions d’euros.", a-t-il poursuivi. 

Il a complété: "Il y a eu un accord disant que les services allaient être payés par cash car les échanges entre les services de sécurité se font comme ça." Il a encore déclaré: "Dans ce cadre-là, ce fut normal que le ministère de l’Intérieur touche cinq millions d’euros. Je devais être celui qui devait les ramener officiellement au ministère". 

dossier :

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Robin Verner