BFMTV

Steaks hachés contaminés: les fabricants condamnés à deux ans de prison ferme

Une quinzaine d'enfants avaient été contaminés.

Une quinzaine d'enfants avaient été contaminés. - AFP

L'ancien gérant de l'entreprise SEB a été reconnu coupable de négligences qui ont permis à la bactérie E.coli de proliférer dans des steaks hachés surgelés de la marque Country, commercialisée par Lidl.

L'ancien gérant de l'entreprise SEB, Guy Lamorlette, a été reconnu coupable de négligences ayant permis la prolifération de bactérie E.coli dans les steaks hachés surgelés que sa société produisait. Le tribunal de Douais, dans le Nord, l'a condamné, ce mardi, notamment pour "blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité", à trois ans de prison, dont un an avec sursis. Soit la peine prévue dans ce cas d'infraction. 

Guy Lamorlette a en outre été condamné à 50.000 euros d'amende, à plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts à verser aux familles de victimes, et à une interdiction d'exercer une profession dans le secteur industriel et commercial. Le second prévenu, l'ex-responsable qualité et hygiène de l'entreprise, n'a pu être jugé alors qu'il a trouvé la mort la semaine dernière des suites d'une maladie. Une extinction de l'action publique le concernant a été ordonnée.

Règles pas respectées

En 2011, l'Agence régionale de santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais est alertée de plusieurs cas d'intoxication alimentaire causée par la bactérie E.coli. Une bactérie qui s'installe dans le tube digestif des hommes et qui comporte un risque pathogène possiblement mortel. Au total, une quinzaine d'enfants est contaminée avec des conséquences plus ou moins graves après avoir consommé un steak haché surgelé de la marque Country acheté dans un magasin Lidl. L'un d'eux, Nolan, ne peut plus ni marcher, ni parler.

L'entreprise SEB, basée à Saint-Dizier, en Haute-Marne, dont le carnet de commandes est rempli entre 50 et 70% par la chaîne allemande, est mis en cause lord de l'enquête. Le plan sanitaire a été modifié sans respect des règles imposées: au lieu d'un contrôle systématique, seuls des lots aléatoires étaient testés. Si la bactérie E.coli était alors détectée, les études supplémentaires, plus coûteuses, étaient, elles-aussi, écartées. Une viande qui aurait pu pourtant servir à la composition de plats préparés. Au cours du procès, les deux anciens dirigeants avaient nié leurs responsabilité.

Justine Chevalier avec AFP