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Seine-Saint-Denis: mort d'un adolescent de 12 ans blessé à coups de barre de fer

Une bagarre entre une vingtaine de jeunes armés de bâtons et de barres de fer s'est déclarée ce samedi aux Lilas dans un quartier pourtant réputé calme. Un adolescent de 12 ans a été tué.

Un adolescent de 12 ans est mort ce dimanche après avoir été blessé à coups de barre de fer samedi soir lors d'une rixe impliquant une vingtaine de personnes aux Lilas en Seine-Saint-Denis, selon des informations de l'AFP confirmées par BFMTV. 

La victime a été transportée à l'hôpital Robert-Debré, dans le XIXe arrondissement de Paris, pour des blessures aux jambes après cette bagarre. Son état s'est ensuite dégradé avant qu'elle ne succombe ce dimanche. Une autopsie doit être réalisée pour déterminer les causes de la mort. 

La rixe a éclaté vers 19h près du centre-ville des Lilas, au nord-est de la capitale, dans un quartier pourtant réputé calme. Selon la police, il y avait d'un côté des jeunes de la ville, de l'autre des jeunes de la commune voisine de Bagnolet.

"Ils sont passés à la tombée de la nuit, je ne sais pas quelle heure il était. Ils étaient plus de 20", a assuré un témoin sur notre antenne ce dimanche.

Lorsque la police est intervenue, les bandes se sont dispersées mais un jeune garçon est resté au sol. Blessé aux jambes, il est mort ce dimanche à l'hôpital. Selon une source proche de l'enquête interrogée par BFMTV, deux amis de la victime ont été interpellés puis relâchés. Les auteurs ont réussi à prendre la fuite. La police judiciaire de Seine-Saint-Denis a été saisie.

"Ça fait 2 ans qu'on habite ici, il n'y a jamais rien eu"

Dans le quartier, les habitants ne comprennent pas la montée de violence de ces dernières semaines. 

"Ça fait deux ans qu'on habite ici, il n'y a jamais eu quoique ce soit", a témoigné au micro de BFMTV une riveraine, dont le fils a été agressé le week-end dernier. "Jamais il n'y a eu de problème dans ce quartier. Là ces bandes, un quartier contre l'autre, on n'a jamais vu ça!", assure-t-elle, précisant que "c'est devenu très très violent dernièrement" sans savoir pourquoi. 

Effrayée, cette habitante va envoyer ses enfants chez son frère et affirme ne pas pouvoir rester dans le quartier.

Les policiers qui interviennent dans ces bagarres décrivent des participants de plus en plus jeunes. 

"On est loin du trafic de stupéfiants"

"On est loin de la logique du trafic de stupéfiants, d'hégémonie territoriale au niveau des stupéfiants, là ça peut être simplement pour des futilités sur les réseaux sociaux, sur des noms d'oiseaux échangés, soit une hégémonie du collectif, en expliquant que le quartier untel est plus fort que l'autre quartier, ou alors simplement une querelle amoureuse", évoque Eddy Sid, porte-parole du syndicat SGP Police FO en Île-de-France. 

"Perdre un enfant c'est terrible, et perdre un enfant dans ces conditions-là, c'est très grave. C'est très grave ce qui se passe avec des enfants de plus en plus jeunes", a réagi sur notre antenne Sabine Rubin, députée LFI de Seine-Saint-Denis.

"La violence ne cesse de s'emparer, de grignoter l'ensemble de nos régions, de nos territoires. Je suis en même temps surprise, je me trouve dans un quartier plutôt calme, mais je sais que dans l'ensemble de ma circonscription, j'entends de plus en plus parler de rixes qui tournent mal et d'enfants de plus en plus jeunes", a-t-elle décrit. 

Au début de l'année, des bagarres éclair entre bandes dans plusieurs quartiers de la capitale avaient déjà suscité l'inquiétude des riverains, après la mort d'un adolescent de 15 ans dans le quartier de Bastille. En septembre 2017, un jeune homme avait déjà été tué dans une rixe dans le 19e arrondissement. 

L.A., avec Anabelle Rouleau, Olympe Pacaud, Raphaël Maillochon et AFP