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"Sécurité globale": rappel à la loi retiré pour un journaliste de France 3 arrêté à Paris

Manifestation contre le projet de loi "sécurité globale, à Paris le 17 novembre 2020

Manifestation contre le projet de loi "sécurité globale, à Paris le 17 novembre 2020 - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Un journaliste de France Télévisions avait été arrêté alors qu'il filmait avec son téléphone portable des interpellations à la fin d'une manifestation contre la proposition de loi "sécurité globale" et qu'il avait présenté sa carte de presse.

Le rappel à la loi décidé contre un journaliste de France 3, interpellé lors d'un rassemblement mardi dernier contre la proposition de loi "sécurité globale" près de l'Assemblée nationale, a été retiré, a appris l'Agence France-Presse (AFP) ce lundi auprès du parquet de Paris.

Un journaliste de France Télévisions avait été arrêté alors qu'il filmait avec son téléphone portable des interpellations à la fin d'une manifestation contre la proposition de loi "sécurité globale" et qu'il avait présenté sa carte de presse. À l'issue de sa garde à vue, il avait écopé d'un rappel à la loi.

La direction de France Télévisions avait "condamné cette restriction des droits de la presse et l'obstruction au bon exercice du droit d'informer" dans un communiqué, précisant "se (réserver) l'éventualité de toutes suites utiles".

Une "arrestation abusive et arbitraire"

La direction de France 3 Paris Île-de-France, où travaille le journaliste, avait condamné "avec la plus grande fermeté cette arrestation abusive et arbitraire d'un journaliste dans l'exercice de son travail".

"On se trouvait dans une situation particulière puisque c'était une manifestation à laquelle participaient des journalistes. Toute l'ambiguïté était de savoir si l'intéressé était là en tant que manifestant ou en tant que journaliste", a expliqué sur RTL lundi matin le procureur Rémy Heitz, précisant que le journaliste n'avait pas répondu aux questions lors de sa garde à vue.

"Je vais dès aujourd'hui regarder cette procédure, lever cette ambiguïté et je suis tout à fait prêt à retirer le rappel à la loi", a-t-il ajouté, assurant que son "parquet (était) très attentif à la question de la liberté de la presse".

L'affaire classée sans suite

L'infraction n'étant pas constituée, l'affaire a été classée sans suite et ne figurera pas sur le fichier de traitement d'antécédents judiciaires, a précisé à l'AFP le parquet.

Des centaines de personnes s'étaient rassemblées mardi dernier près de l'Assemblée nationale à l'appel notamment de syndicats de journalistes et d'associations de défense des droits de l'homme pour protester contre la proposition de loi "sécurité globale", qui empêcherait selon eux les journalistes et citoyens de filmer les forces de l'ordre durant les manifestations. Trente-trois personnes avaient été interpellées lors de heurts avec les forces de l'ordre.

Samedi, des incidents ont éclaté après le rassemblement au Trocadéro qui a réuni plusieurs milliers de personnes opposées au projet de loi. Vingt-trois personnes ont été interpellées.

F.B. avec AFP