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Repérages et référence au tueur de Magnanville: comment les suspects de l'attentat déjoué se préparaient

Cinq individus sont suspectés d'être impliqués dans un projet d'attentat contre les forces de l'ordre.

Cinq individus sont suspectés d'être impliqués dans un projet d'attentat contre les forces de l'ordre. - AFP

BFMTV a pu se procurer de nombreuses informations sur le profil des cinq individus arrêtés et suspectés d'avoir fomenté un attentat contre les forces de l'ordre.

Un mineur de 16 ans né à Grozny, en Tchétchénie en 2003, a été interpellé ce mardi à Strasbourg et placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête concernant l'attentat récemment déjoué contre la police. Le 30 avril, quatre hommes avaient déjà été mis en examen par un juge antiterroriste parisien pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et placés en détention provisoire.

Ces quatre individus sont soupçonnés d'avoir préparé un passage à l'acte violent, à brève échéance, susceptible de viser les forces de sécurité. D'après nos informations, ils ont été repérés sur les réseaux sociaux.

Un suspect particulièrement actif

Le membre le plus actif serait Alexandre B, né en 1980. Il postait sur les réseaux sociaux des vidéos de décapitation, et exprimait sa volonté de mourir en martyr et de tuer des policiers, en citant en exemple Larossi Abballa, auteur de l’assassinat d’un couple de policiers à Magnanville en juin 2016.

D'après les éléments de l'enquête, en février 2019, Alexandre B. avait même effectué des repérages au commissariat d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pénétrant dans les locaux pour y observer les allées et venues des policiers. La veille, il avait également filmé des policiers à leur insu, lors d’un contrôle d’identité, pour pouvoir étudier leur éventuelle vulnérabilité sur la voie publique.

Un mineur de 17 ans connu de la justice

Mohamed C., un troisième suspect, était également en contact avec Alexandre B. Ce mineur de 17 ans né en 2001 était connu de la justice, pour avoir été arrêté en février 2017 à la frontière germano-autrichienne alors qu’il tentait de se rendre en Syrie. Il a pour cela été condamné en 2017 à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et mise à l’épreuve. 

Il avait été placé en centre éducatif fermé, puis incarcéré. Avant son arrestation il vivait dans un foyer éducatif dans le cadre de sa mise à l’épreuve. Selon une source policière à BFMTV, les auditions des directeurs du foyer éducatif, où il résidait, ont montré une certaine permissivité et un manque de surveillance. Mohamed C. est ainsi sorti à plusieurs reprises du centre pour des rencontres physiques avec ses complices présumés. D'après nos informations, il était ami avec le mineur de 16 ans interpellé ce mardi, prénommé Khamid S. 

Repérages et achats d'armes

Karim B., l'un des autres suspects, est un islamiste radical connu de la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure). Avec Alexandre B., ils avaient effectué des repérages dans le quartier de l’Élysée, dans le but de commettre un attentat contre des policiers chargés de la surveillance du Palais.

On en sait moins sur le quatrième, Anis M., né en 1992, qui a été chargé de réunir des fonds pour acheter des kalachnikov. Les quatre suspects avaient réussi à se procurer deux de ces armes.

Ces quatre hommes avaient prévu de tourner une vidéo d’allégeance à Daesh, qu’aurait dû poster sur les réseaux sociaux le mineur de 16 ans interpellé ce mardi à Strasbourg, Khamid S.

Allégeance à Daesh pour certains

Le 26 avril 2019, Alexandre B. et Karim B. se sont rendus dans un immeuble parisien, où se trouvaient cachées les deux kalachnikov. Après avoir prié ensemble, ils ont manipulé les armes, s’entraînant notamment à les recharger vite. La DGSI les a interpellés alors qu’ils sortaient de l’appartement.

Anis M. a lui été interpellé à son domicile en Seine-Saint-Denis, et Mohamed C. dans son foyer éducatif. En garde à vue, certains, notamment Karim B. et Mohamed C., le mineur de 17 ans, ont revendiqué leur adhésion aux thèses de Daesh, et leur volonté de mourir en martyr.

Cécile Ollivier avec Salomé Vincendon