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Qui était Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux des attentats à Paris?

Le jihadiste belge âgé de 28 ans est soupçonné d'avoir commandité les attentats à Paris. Il a été tué mercredi à Saint-Denis. Il était déjà suspecté d'être derrière d'autres projets d'attentats en Europe, dont celui manqué à Villejuif.

MISE A JOUR 19/11 - Le jihadiste Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, a été tué dans l'assaut mercredi matin à Saint-Denis.

Il était la cible principale de l'opération antiterroriste à Saint-Denis, mercredi, soupçonné d'être le cerveau présumé des attentats à Paris: Abdelhamid Abaaoud, dit Abou Omar al-Baljiki, a été tué dans l'assaut. Ce jihadiste belge d'origine marocaine, âgé de 28 ans, était une figure connue des services de sécurité belges et français, qui le traquaient depuis plusieurs mois dans le cadre de différentes enquêtes en lien avec le terrorisme.

Plusieurs éléments ont conduit les enquêteurs à soupçonner Abdelhamid Abaaoud: sa proximité tout d'abord avec Salah Abdeslam, l'un des huit terroristes impliqués dans les attentats à Paris vendredi et actuellement en fuite. Tous deux apparaissent ensemble dans plusieurs affaires criminelles comme des braquages, commis à Bruxelles entre 2010 et 2011.

Autre élément à charge, les liens d'Abdelhamid Abaaoud avec une autre affaire de terrorisme. En août dernier, un jihadiste français de retour de Syrie avait été arrêté par la DGSI. Aux enquêteurs, le jeune homme avait raconté qu'à son arrivée à Raqqa, en Syrie, il avait été reçu par Abdelhamid Abaaoud, qui lui avait demandé de revenir en France et de frapper lors d'un concert, selon une source proche du dossier consultée par BFMTV.

Filmé en train de tracter des cadavres mutilés

D'après nos informations, Abdelhamid Abaaoud était également derrière l'attentat manqué à Villejuif, en avril 2015. Il est l'homme qui aurait donné des cibles à abattre à Sid Ahmed Ghlam, après lui avoir appris à crypter des messages pour communiquer hors des radars de la police.

Extrêmement actif sur les réseaux sociaux entre 2013 et 2014, Abdelhamid Abaaoud avait notamment fait parler de lui pour avoir enrôlé son petit frère de 13 ans dans l'Etat islamique, et l'avoir amené en Syrie. Leur père avait confié son désespoir terrible dans une interview accordée à un quotidien belge. 

Une vidéo datant de mars 2014 montre Abdelhamid Abaaoud, sourire aux lèvres, en train de tracter des cadavres mutilés dans un camp de l'Etat islamique. L'extrait durant lequel il s'adresse à la caméra avait été diffusé sur BFMTV. A l'époque, le jeune homme effectuait donc des basses besognes au sein du groupe terroriste. Les images avaient été obtenues par des rebelles de l'Armée syrienne libre, qui avaient trouvé des téléphones portables abandonnés par des jihadistes près d'Alep, et avaient transmis à des journalistes les vidéos retrouvées dans les appareils.

Alexandra Gonzalez avec le service police-justice de BFMTV