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Qui est le gifleur de Manuel Valls?

Un jeune homme de 19 ans a été placé en garde à vue après avoir giflé le candidat de la primaire à gauche à Lamballe, mardi soir dans les Côtes-d'Armor. D'après Manuel Valls et son équipe, il pourrait appartenir à l'extrême droite bretonne.

Son profil se précise, mais ses motivations restent encore floues. Un homme de 19 ans a giflé Manuel Valls mardi lors d'un déplacement du candidat de la primaire à gauche, au moment où il sortait de la mairie de Lamballe, dans les Côtes-d'Armor. Immédiatement maîtrisé par le service d'ordre de l'ancien Premier ministre, l'homme a été placé en garde à vue pour "violences sur personne chargée d'une mission de service public".

Alors que le candidat s'adonnait aux traditionnelles poignées de main, le jeune homme a fait mine de lui tendre la sienne, avant de transformer son geste en gifle, mais en ne parvenant à atteindre Manuel Valls que légèrement au visage, a constaté une journaliste de l'AFP sur place. Un geste qu'il a effectué en criant "ici c'est la Bretagne". A des journalistes présents dans le train qui le ramenait à Paris, l'ancien Premier ministre a précisé qu'il porterait plainte.

"Rien, et surtout pas la violence, ne m'empêchera d'aller vers les Français. Je suis déterminé à leur parler et à faire gagner la gauche", a réagi Manuel Valls un peu plus tard sur Twitter.

La piste identitaire

Le dossier du jeune homme, âgé de 18 ans, ne comporte pas d'antécédents judiciaires graves, mais l'agresseur du candidat est connu des services de police pour usage de stupéfiants et a fait objet d'un rappel à la loi en 2014 à ce propos. Emmené à la brigade de gendarmerie de Lamballe, il a expliqué ne pas aimer "la façon dont Manuel Valls traitait les citoyens".

Depuis mardi, d'éventuels liens du jeune homme avec la mouvance d'extrême droite sont évoqués, notamment par l'entourage de Manuel Valls, pour qui l'agresseur serait "proche de l'extrême droite bretonne".

"C'est sans doute, l'enquête devra évidemment le démontrer, un militant identitaire de l'extrême droite bretonne", a expliqué l'ancien Premier ministre ce mercredi, sur France Inter. 

"Quenelle" et souveraineté bretonne

D'après le quotidien Le Télégramme, il aurait "exprimé un ancrage et des motivations régionalistes" au cours de sa garde à vue. Sur son profil Facebook, ce jeune homme pose en photo en faisant une "quenelle", un geste à connotation antisémite inventé par le polémiste Dieudonné et devenu un signe de ralliement de ses fans.

"J'ai combattu Dieudonné, j'ai combattu l'extrême droite (...) la démocratie devrait toujours l'emporter sur toutes les formes de violence", a précisé Manuel Valls sur France Inter, évoquant le profil du jeune homme.

Fin 2013, Manuel Valls Premier ministre s'était en effet personnellement engagé contre Dieudonné, condamné à plusieurs reprises par la justice, notamment pour des propos racistes.

La piste de liens éventuels entre l'agresseur de Manuel Valls et le mouvement identitaire Breiz Atao est en train d'être vérifiée. Seule certitude, comme le souligne Le Parisien ce mercredi, le jeune homme soutient sur son profil plusieurs pages appartenant à des mouvements qui défendent "la souveraineté du peuple breton".

"Il va devoir assumer", prévient son père

D'après le père du jeune homme, joint par téléphone par le quotidien parisien, celui-ci, sans emploi, ne "se reconnaît pas dans la société actuelle, comme beaucoup de jeunes de sa génération". D'après lui, le geste de son fils est "un geste de rébellion. Pas de haine".

"Mon fils n'est pas un garçon méchant", explique-t-il, précisant avoir découvert les faits en rentrant du travail.

"Je ne peux pas me mettre à sa place", raconte aussi son père, qui ne donne pas d'explications précises à ce geste, évoquant simplement "la proximité avec Manuel Valls" comme motivation pour un passage à l'acte. "Il va devoir assumer", conclut-il.

dossier :

Manuel Valls

J.C. et Charlie Vandekerkhove avec AFP