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Que risque le jeune homme qui a giflé Manuel Valls?

Le jeune homme de 19 ans encourt jusqu'à trois ans de prison.

Le jeune homme de 19 ans encourt jusqu'à trois ans de prison. - Capture Le Télégramme

Lors d'un déplacement en Bretagne, le candidat à la primaire à gauche a été giflé par un jeune homme. Agé de 18 ans, il a été placé en garde à vue.

Après avoir été enfariné, Manuel Valls a été giflé légèrement au visage. La scène s'est déroulée mardi lors d'un déplacement à Lamballe, en Bretagne, alors que le candidat à la primaire à gauche serrait quelques mains à la sortie de la mairie de cette commune des Côtes-d'Armor. Immédiatement le service d'ordre de l'ancien Premier ministre a maîtrisé, puis plaqué au sol l'agresseur.

Le jeune homme, âgé de 18 ans, a été interpellé puis placé en garde à vue pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique" à la brigade de gendarmerie de Lamballe. Son dossier ne présente pas d'antécédents judiciaires graves mais il est connu des services de police pour des délits mineurs liés aux stupéfiants. Aux gendarmes, il a simplement expliqué qu'il "n'aimait pas la façon dont Manuel Valls traitait les citoyens".

Deux possibilités

La justice a désormais "deux possibilités". Le procureur de la République, qui décidera des suites à donner à cette affaire, pourrait opter une qualification contraventionnelle. "Dans ce cas, on estime qu'il s'agit de violence simple sans Incapacité temporaire de travail", précise Me Stéphane Babonneau, avocat pénaliste au barreau de Paris, qui "n'imagine pas qu'ils ne le poursuivent pas".

C'est l'article 624-1 du Code pénal qui prévaut et prévoit une contravention de quatrième classe. Le jeune homme pourrait, s'il est reconnu coupable, être condamné à verser une amende d'un montant maximal de 750 euros. En décembre dernier, Manuel Valls avait reçu un sac de farine sur la tête versé par un opposant au 49-3 lors d'un déplacement à Strasbourg. L'ancien Premier ministre avait répondu avec humour et n'avait pas déposé plainte.

Circonstances aggravantes

Pour le moment, le candidat à la primaire à gauche n'a pas indiqué s'il déposait plainte ou se constituait partie civile. Mais sa réaction s'est voulue plus ferme alors qu'il parle d'acte "grave". "L'incrimination pourrait être assez lourde, estime Me Thierry Vallat, avocat au barreau de Paris. Si la gifle n'est pas d'une extrême violence, il y a violence." Le procureur pourrait opter pour une qualification délictuelle. L'infraction de "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique" constituant une circonstance aggravante. 

Le parquet pourrait retenir comme circonstance aggravante la fonction de Manuel Valls, toujours conseiller municipal à Evry, ou la préméditation. "Il faudrait démontrer que ce jeune homme est venu exprès dans l'intention de le gifler", poursuit Me Babonneau. Dans ce cas, le jeune homme de 19 ans, qui pourrait être jugé devant un tribunal correctionnel, encourt jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, en application de l'article 22-13 du code pénal.

dossier :

Manuel Valls

Justine Chevalier