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Pyrénées-Orientales: plusieurs blessés graves après qu'un train a percuté un bus scolaire

Un train est entré en collision avec un car scolaire à Millas, dans les Pyrénées-Orientales, ce jeudi après-midi. Au moins six morts sont à déplorer parmi les passagers du bus. Toutes les victimes ont été identifiées.

Une collision, rapportée ici par France Bleu, entre un train TER et un car scolaire transportant essentiellement des collégiens a tué six enfants et blessé une vingtaine de personnes, selon la gendarmerie, à hauteur de Millas, dans les Pyrénées-Orientales, ce jeudi après-midi sur les coups de 16h.

Les victimes étaient des passagers du car qui transportait une cinquantaine de personnes. La conductrice est au nombre des blessés graves, comme l'a expliqué le préfet des Pyrénées-Orientales lors d'une conférence de presse dans la soirée. 

Celui-ci a fait le point sur le nombre de blessés face à la presse et précisé que les victimes avaient été "réparties dans différents hôpitaux, et principalement dans l'hôpital de Perpignan."

L'accident s'est produit sur l'axe ferroviaire Perpignan-Villefranche de Conflent. Un numéro d'informations a été créé: 04-68-51-67-67. La SNCF a lancé un numéro vert d'assistance psychologique à destination des victimes et de leurs proches: 0800 120 821. 

La préfecture évoque la "gravité" de l'accident

Le train a heurté le car scolaire à un passage à niveau au lieu-dit Los Palaus. Un important dispositif de secours a été mis en place après le choc. 95 sapeurs-pompiers, 52 gendarmes, 12 membres du SAMU et 10 véhicules de secours aux personnes ont été déployés ainsi que sept hélicoptères au total dont deux de la gendarmerie. Le préfet a déclenché le plan NOVI (pour "Nombreuses Victimes") puis le plan blanc élargi. La préfecture des Pyrénées-Orientales a publié un communiqué, évoquant la "gravité" de l'accident. Le préfet a activé le centre opérationnel départemental afin de coordonner les différents services sur place, dont le SDIS et le Samu. Ce sont les unités de la gendarmerie de Perpignan qui ont été déployées sur les lieux du drame. 

Des circonstances encore incertaines

Les circonstances ayant présidé au drame sont encore obscures. Cependant, quelques éléments apparaissent. Selon nos informations, le passage à niveau est un passage à niveau classique, c’est-à-dire automatique, lumineux, à deux barrières.

Le train roulait à 80 km/h, une vitesse "normale" dans cette zone. Il y avait 25 passagers à bord du TER. Quant à la question épineuse des barrières, elle n'est pas tranchée ce jeudi soir, comme l'a indiqué le procureur de la République lors du point-presse: "Pour l'instant, il est absolument prématuré d'indiquer si les barrières étaient levées ou fermées." "Celui qui formulerait ce soir des hypothèses serait d'une imprudence folle", a appuyé le préfet Philippe Vignes. 

La réaction de Macron

L'Etat n'a pas tardé à réagir. En fin d'après-midi, Emmanuel Macron a diffusé un tweet."Toutes mes pensées pour les victimes de ce terrible accident d'un car scolaire et pour leurs familles. La mobilisation de l'Etat est totale pour leur porter secours", a-t-il écrit. 

Philippe et Borne sur place 

Le préfet est sur place. Le Premier ministre, Edouard Philippe, le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, ou encore Elisabeth Borne, ministre des Transports étaient aussi attendus. Le Premier ministre, à son arrivée aux alentours de 20h, s'est rendu à la mairie pour faire le point avec le préfet. Puis, devant la presse, visiblement très marqué, il a appelé à accompagner les familles concernées "avec décence". Saluant la mobilisation des forces de l'ordre, des pompiers et du Samu, il a expliqué qu'une enquête judiciaire, une enquête en flagrance pour homicide et blessure involontaire a précisé le procureur de la République, ainsi qu'une enquête administrative. "Le processus d'identification des corps a commencé mais il est extrêmement difficile", a-t-il glissé.

Lors de la conférence de presse tenue en fin de soirée, le préfet Philippe Vignes a d'ailleurs confirmé que "la gravité des blessures rend encore difficile certaines identifications", dont celles de certains morts. Il y a aussi sept élèves non identifiés. Le préfet a insisté sur l'importance cardinale du suivi des familles. Abordant le sujet encore complexe du bilan, il a parlé de la présence de seize blessés dans le car. A titre personnel devant les caméras de BFMTV, Philippe Vignes a déclaré avoir vu un car "éventré". "Les premiers témoins parlaient d'une scène de guerre", a-t-il fait observer. 

Sur Twitter, Elisabeth Borne a fait part de sa "très vive émotion" et a assuré de la "pleine" mobilisation des services de l'Etat. 

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, a parlé, sur le même réseau social, de son "immense tristesse". La SNCF a, quant à elle, adressé un "sincère message de soutien" aux victimes et à leurs familles.

R.V., avec le service police/justice de BFMTV