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Puisseguin: un an après, les victimes toujours sans vraie réponse

Puisseguin a rendu hommage ce dimanche aux victimes de l'accident de car d'octobre 2015. Un an après l'événement meurtrier, les victimes et leurs proches ont toujours du mal à comprendre les causes de l'embrasement des véhicules.

Les rescapés de l'accident de car de Puisseguin sont rares. Le 23 octobre 2015, 43 personnes sont mortes dans cette collision entre un bus et un camion, suivie d'un incendie. Un embrasement que les victimes et leurs proches n'arrivent toujours pas à comprendre, un an après. 

Sur sa page Facebook, François Hollande a exprimé son soutien aux victimes et à leurs proches.

"Un an après, nous ne les oublions pas" et "nous leur devons la vérité sur les causes de cette catastrophe". "Je fais confiance à la justice, avec tous les services et moyens d'enquêtes nécessaires et en toute indépendance, pour l'établir", a déclaré le chef de l'Etat. 

Une stèle sur une aire de pique-nique

Aujourd'hui, le virage a été recouvert de goudron, la signalisation indique toujours un virage serré, limité à 90 km/h. Un panneau interdit de s'arrêter sur les lieux de l'accident, "mais cela n'empêche pas les gens de venir déposer des fleurs, il y en a eu tout le temps", relève Xavier Sublett, maire de Puisseguin.

La première plaque commémorative, surmontée d'une imposante colombe de plâtre blanc, "symbole de paix et d'amour", a été dévoilée par Patricia Raichini, maire de Petit-Palais-et-Cornemps. C'est de cette petite commune qu'est parti le club du 3e âge, en ce matin du 23 octobre 2015, pour une expédition festive dans les Pyrénées.

L'embrasement d'origine inconnue

"La question cruciale, c'est celle de la rapide propagation de l'incendie. Or, jusqu'à présent, on a eu des explications un peu évasives", estime Raymond Silvestrini, 69 ans, qui n'a eu la vie sauve qu'en se défenestrant (quatre vertèbres fracturées) du car où a péri sa compagne.

Les expertises incendie, véhicule, revêtement, accidentologie ont levé des pistes: une vitesse du camion légale mais inadéquate, une déficience du freinage de la remorque, un réservoir additionnel du camion transpercé sous le choc, un nuage de goutelettes de gasoil enflammé au contact de parties chaudes, un possible appel d'air par les vitres brisées.

Mais l'enchaînement causal précis de l'embrasement? Le rôle éventuel de gaz de climatisation, le comportement réel du réservoir? "Pas de certitudes", résument les avocats, qui vont présenter des demandes de compléments d'enquête. "Les enquêtes de cette ampleur-là, cela prend en général au minimum quatre ans. Les victimes l'ont intégré", pose maître Mescam.

C'est le deuxième accident de la route le plus meurtrier en France après celui de Beaune (Côte-d'Or) en 1982, dans lequel avaient péri 53 personnes, pour la plupart des enfants. 

M.L. avec AFP