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Procès Séréna: le parquet général fait appel de la condamnation

Rosa Maria Da Cruz a été condamnée à cinq ans de prison dont 3 avec sursis.

Rosa Maria Da Cruz a été condamnée à cinq ans de prison dont 3 avec sursis. - AFP

Jeudi, le parquet général a fait appel de la condamnation de Rosa Maria da Cruz dans le cadre du procès Séréna.

Le parquet général a fait appel de la condamnation à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, de la mère de Séréna, l'enfant dite "du coffre" de voiture où elle avait passé ses 23 premiers mois, cachée de tous, subissant des privations qui lui valent des séquelles irréversibles, a annoncé jeudi le procureur de Tulle dans un communiqué.

Rosa Maria da Cruz, 50 ans et mère de trois autres enfants, avait été condamnée vendredi par la Cour d'assises de la Corrèze, au terme de cinq jours de procès. L'avocat général avait requis huit ans de prison et la défense avait plaidé l'acquittement.

Reconnue coupable de violences

Rosa Maria da Cruz avait été reconnue coupable de violences suivies de mutilation ou infirmité permanente sur mineure de 15 ans par ascendant, privation de soins ou d'aliments compromettant la santé d'un enfant par ascendant, et dissimulation ayant entraîné atteinte à l'état-civil d'un enfant. 

Elle encourait 20 ans de réclusion, dans une affaire de maltraitance qui s'était vue jugée aux assises, en raison du caractère "permanent" des séquelles de l'enfant, qui aura 7 ans ce weekend, et vit en famille d'accueil depuis cinq ans. Un "déficit fonctionnel à 80%", un "syndrome autistique vraisemblablement irréversible" lié au confinement et à l'isolement, selon la dernière expertise mi-2016.

Découverte en octobre 2013

Séréna avait été découverte en octobre 2013 par un garagiste de Terrasson-Lavilledieu (Dordogne). Il avait ouvert le coffre de la Peugeot 307 d'une cliente qui attendait sur place les réparations, et y avait trouvé l'enfant, a côté d'un couffin cosy, nue, et sale, et dans un état de santé déplorable.

Le procès, qui avait vu nombre d'experts, psychologues, psychiatres, gynécologue-obstétricien explorer la psyché de la mère, et plus généralement les troubles psychiques liés à la grossesse et maternité. La défense avait invoqué, dans le cas de Rosa Maria da Cruz, un "dissociation psychique", un "déni de grossesse" suivi d'un "déni d'enfant", qui l'avait conduite à maintenir l'enfant en vie, tout en lui infligeant maintes privations, le confinement et l'isolement en premier lieu.

Séréna, selon les témoignages de la mère et d'enquêteurs, partageait son temps entre le coffre, ou l'arrière de la voiture, et une pièce au rez-de-sol de la maison familiale, où personne n'allait jamais. Ni le compagnon de Mme da Cruz, ni leurs trois autres enfants âgés à l'époque de 4, 9 et 10, ne s'étaient aperçus de la grossesse, ou de la présence de l'enfant.

"Bonne mère"

L'avocate de Rosa Maria da Cruz, Chrystèle Chassagne-Delpech, avait salué le fait que sa cliente, à la peine aménageable, ferait "relativement peu de détention". Pour elle, le jury "avait tenu compte de sa personnalité, du fait qu'il y a des enfants, et pas vraiment d'utilité à une peine extrêmement longue". Tout au long du procès, proches et même experts avaient souligné la "bonne mère" que l'accusée était pour ses trois autres enfants, stables et parfaitement socialisés. 

Rosa Maria da Cruz a également été déchue par la Cour d'assises de toute autorité parentale sur Séréna.

B.L. avec AFP