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Procès Fiona: "Tu peux te regarder dans une glace?", première altercation entre les deux accusés

Première altercation entre les deux accusés au cours du procès de l'affaire Fiona

Première altercation entre les deux accusés au cours du procès de l'affaire Fiona - Thierry Zoccolan / AFP

Quatre jours après le début du procès en appel dans le cadre de l'affaire Fiona, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se sont écharpés après l'intervention d'une ancienne amie. C'est la première fois que les deux accusés, qui semblaient avoir conclu une alliance, s'opposent.

Jugés en appel devant les assises de Haute Loire, les deux accusés Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se sont opposés pour la première fois jeudi, au quatrième jour du procès Fiona. À l’origine de cette altercation, une ancienne amie qui a exhorté la mère de la fillette assassinée et son ex-compagnon à "dire la vérité" sur la mort de la fillette.

"Si tu aimes vraiment ta fille, dis où elle est ! Dis la vérité!", a lancé cette mère de quatre enfants à l'attention de Cécile Bourgeon. Interrogée par visioconférence, cette ex-voisine venait d'évoquer, entre deux crises de larmes, une conversation avec l'accusée qui aurait alors traité sa propre fille de "clocharde".

Réaction offusquée de l'accusée: "Je ne t'ai jamais dit ça! Elle était bien habillée; je l'aimais de tout mon coeur. Ce n'était pas au sens propre mais au figuré. Ma mère aussi elle me disait ça!" réagit violemment Cécile Bourgeon, accusant son ancienne amie d'être "manipulée".

"Ce n'est pas une maman"

"Pour moi, sa fille, elle ne l'aime pas. Ce n'est pas une maman. Qu'elle veuille faire des enfants, ça me tue. Cinq ans de prison, ce n'est pas cher payé", rétorque le témoin, en allusion à la condamnation reçue par Cécile Bourgeon en première instance.

Plus tard, c'est à Berkane Makhlouf, l'ex-compagnon de Cécile Bourgeon, qu'elle s'adresse. "Kader (autre prénom porté par l'accusé, ndlr), c'est l'occasion de parler. Dis ce qui s'est passé! Pourquoi tu dis pas où est ta ‘pépette’ (...) Écoute Kader, si tu n'as rien à te reprocher, si tu n'as rien fait, dis la vérité! Réveille-toi! Tu n'es plus avec elle. Dis les choses", implore-t-elle pendant de longues minutes. "Kader, Kader, ce n'est pas un accident. Tu sais très bien ce qui s'est passé ce soir-là. Tu ne lui dois rien. Tu n'as pas à la défendre. C'est le dernier procès..." continue le témoin sans cesser sa logorrhée.

Puis s'adressant aux accusés d'une colère froide: "Vous l'avez tuée tous les deux. Vous lui avez manqué de respect. Vous l'avez enterrée comme un chien. Vous ne respectez personne!". Ce long intermède finit par provoquer une altercation entre les accusés. "On est responsable de sa mort mais on n'est pas des criminels. Moi, j'ai dit tout ce que je savais", répète inlassablement Berkane Makhlouf.

"Si tu veux jouer, on va jouer"

Et Cécile Bourgeon de le menacer: "Si tu veux jouer, on va jouer, d'accord! Tu peux te regarder dans une glace? ça m'étonnerait! Moi j'ai la conscience tranquille, pas toi. Attention!". Il s'agit de la première altercation entre les deux accusés qui semblaient plutôt se protéger depuis le début du procès.

Il y a quasiment un an, la cour d'assises du Puy-de-Dôme avait imputé les coups mortels à Berkhane Makhlouf, le condamnant à 20 ans de prison. Cécile Bourgeon avait, elle, écopé de 5 ans, notamment pour "non-assistance à personne en danger" et "recel de cadavre"

P.L avec AFP