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Procès du "faucheur de chaises" Jon Palais: le parquet demande une "dispense de peine"

Henri Leclaire.

Henri Leclaire. - AFP

Jugé pour avoir "fauché des chaises" afin de dénoncer l'évasion fiscale, le militant Jon Palais a vu le parquet de Dax requérir une "dispense de peine" à son encontre.

Le parquet a requis une "dispense de peine" à l'encontre du militant altermondialiste Jon Palais, jugé lundi à Dax (Landes) comme "faucheur de chaises" dans une agence de la BNP, ses avocats, Eva et Caroline Joly, demandant sa relaxe. La décision a été mise en délibéré jusqu'au 23 janvier. 

"Mouvement pacifiste et bon enfant"

Dans ses réquisitions, le procureur de la République, Jean-Luc Puyo, a estimé "qu'une dispense de peine" était "de nature à satisfaire la société" car il s'agit d'un "mouvement pacifiste et bon enfant". S'il y a bien "emport de chaises, nous n'avons pas d'éléments intentionnels de l'appropriation frauduleuse", a-t-il encore fait valoir.

Le magistrat a par ailleurs regretté l'absence de la BNP, partie civile dans ce procès, qui réclame un euro symbolique de réparations.

"Procédure d'intimidation de la BNP"

Les avocates de Jon Palais, l'ex-magistrate et ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle Eva Joly et sa fille, Caroline Joly, ont demandé la relaxe pure et simple de leur client.

Caroline Joly a évoqué une "procédure d' intimidation de la BNP pour décourager ces actions" visant à denoncer l'évasion fiscale à grande échelle. Eva Joly, elle, a souligné le "déséquilibre entre un militant pacifiste et la quatrième banque mondiale, et parmi les plus actives dans la création de comptes offshore".

Entre 1500 et 2000 personnes devant le tribunal

Jon Palais, quant à lui, a réitéré à la barre que son acte était "une manière de dénoncer le vol constitué par un système organisé d'évasion fiscale".

A sa sortie du tribunal, il a lancé devant les journalistes et ses sympathisants, venus manifester en force (1.500 selon la police, 2.000 selon les organisateurs): "On a le sentiment que notre démarche d'action civique a été entendue par le procureur", voyant dans la requisition "un signal fort".