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Un "faucheur de chaises", dénonçant l'évasion fiscale, jugé à Dax

Des membres du mouvement se sont réunis le 6 janvier pour soutenir Jon Palais.

Des membres du mouvement se sont réunis le 6 janvier pour soutenir Jon Palais. - BFMTV

Un militant du mouvement des "Faucheurs de chaises" est jugé ce lundi à Dax pour le vol de 14 chaises dans une agence parisienne de BNP Paribas. C'est une première.

Ils entrent dans les banques pour y dérober des chaises, dans le seul et unique but de dénoncer l'évasion fiscale. Le mouvement des "Faucheurs de chaises", organisé par différentes ONG, voit pour la première fois un de ses membres jugé. C'est ce lundi, à Dax.

Le militant altermondialiste Jon Palais comparaît donc pour le vol de 14 chaises dans une agence parisienne de BNP Paribas en octobre 2015. Mais le militant landais compte transformer son procès en une journée "festive et revendicative" contre l'évasion fiscale. Avec ses amis, il a prévu de réunir entre 600 et 1.000 personnes devant la sous-préfecture des Landes.

Plusieurs personnalités publiques sont attendues à cette manifestation, comme le philosophe Edgar Morin, ou les candidats à la présidentielle Yannick Jadot, Philippe Poutou et Benoît Hamon. Ce dernier avait déjà apporté son soutien au collectif des "Faucheurs de chaises" mercredi.

"C'est incroyable que ce soit lui (Jon Palais) dans le box des accusés", "ceux qui organisent l'évasion fiscale font des procès à ceux qui aujourd'hui la dénoncent", avait déploré le député des Yvelines lors d'un déjeuner avec des militants du mouvement altermondialiste Bizi.

"Une démarche de désobéissance civile"

Jon Palais, qui risque cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour vol en réunion, estime être "dans une démarche de désobéissance civile, avec des actions à visage découvert". "Les réquisitions ont permis à des gens de transformer leur colère en action non violente constructive pour créer du débat", explique-t-il.

Une action qui n'est pas du goût de BNP Paribas. Particulièrement visée pour sa présence présumée dans les paradis fiscaux, la banque réfute toutes ces accusations et a donc décidé de porter plainte.

"Nous sommes comme les ONG, nous dénonçons les paradis fiscaux et nous les condamnons. Face à tout type de violence, notre priorité est la sécurité de nos clients et de nos collaborateurs. Les intrusions dans nos agences ont été vécues comme une agression", justifie Raphaëlle Leroy, responsable des relations consommateurs de BNP Paribas.

Une centaine d'actions menées

Lancé en février 2015 dans une agence HSBC après le scandale des Swissleaks, le mouvement a depuis réalisé une centaine d'actions, élargissant son rayon d'action à toutes les banques. Leur dernière action, menée vendredi matin, visait à occuper une agence BNP Paribas pour défendre Jon Palais, sans pour autant oublier leur combat premier: l'évasion fiscale.

"Les Etats prétendent ne pas trouver l'argent pour financer les urgences sociales et écologiques alors qu'on qu'il y a dans les paradis fiscaux entre 20.000 et 30.000 milliards de dollars qui sont stockés à l'abri des regards et du fisc", s'indigne l'économiste de l'ONG Attac France Thomas Coutrot.

Depuis l'annonce du procès, une soixantaine d'opérations militantes ont eu lieu dans toute la France, devant ou à l'intérieur d'agences de BNP Paribas.

F. H. avec AFP