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Procès des sondages de l'Elysée: le tribunal ordonne l'audition de Sarkozy comme témoin

Nicolas Sarkozy en 2016 aux Sables-d'Olonne

Nicolas Sarkozy en 2016 aux Sables-d'Olonne - JEAN-FRANCOIS MONIER © 2019 AFP

Protégé dans ce dossier par l'immunité pénale garantie par la Constitution, l'ancien président n'a jamais été poursuivi ni entendu dans cette affaire. Il a fait savoir qu'il "n'entendait nullement déférer à cette convocation".

Malgré l'avertissement envoyé par Nicolas Sarkozy, la justice ne s'avoue pas vaincue. Ce mardi, elle a ordonné l'audition de Nicolas Sarkozy comme témoin au procès des sondages de l'Elysée, un dossier dans lequel il n'est pas poursuivi car couvert par son immunité présidentielle. L'ancien chef de l'Etat a pourtant fait parvenir une lettre lundi disant qu'il "n'entendait nullement" se présenter à l'audience.

Pas de quoi convaincre le tribunal qui réclame "que ce témoin soit amené devant lui par la force publique pour qu'il soit entendu le 2 novembre". Il "considère qu'il résulte de l'ordonnance dont il est saisi que le témoignage de Nicolas Sarkozy est effectivement (...) nécessaire à la manifestation de la vérité" et qu'il est "susceptible d'avoir une influence sur les faits reprochés aux prévenus".

"Egalité devant la loi"

Le président du tribunal a donc délivré un mandat d'amener pour contraindre Nicolas Sarkozy à venir si jamais il refuse. Selon la Constitution, le président de la République est couvert par une immunité pour les actes accomplis au cours de son mandat, mais le texte suprême "ne fait nullement obstacle à ce qu'un ancien président soit entendu en qualité de témoin", a rappelé le magistrat, qui a aussi cité la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) concernant les droits de la défense des prévenus.

"C'est une belle victoire pour l'égalité devant la loi", salue auprès de BFMTV Elise Van Beneden, présidente d'Anticor et partie civile au procès.

Interrogé sur cette décision, l'entourage de Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité s'exprimer "à ce stade".

Vincent Vantighem avec AL avec AFP