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Procès Carlton: en fin d'audience, DSK flirte avec la théorie du complot

Dominique Strauss-Kahn à la barre dans le procès dit du "Carlton de Lille"

Dominique Strauss-Kahn à la barre dans le procès dit du "Carlton de Lille" - Benoît Peyrucq - AFP

Les débats au procès du Carlton de Lille se poursuivent autour de l'ancien favori socialiste pour la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn. Plusieurs prostituées font état de ses pratiques violentes.

Dominique Strauss-Kahn qui a affirmé mardi, à son premier jour d'audition au procès du Carlton, qu'il ignorait que ses partenaires étaient des prostituées, et exposé une vision libertine du "sexe plaisir", a de nouveau été confronté, ce mercredi, aux autres protagonistes de l'affaire. 

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18h30 - Suspension de séance

Les débats de la journée sont arrivés à leur terme. L'audience est suspendue et reprendra, demain jeudi, à 9h30.

18h20 - DSK de retour à la barre

Pour la dernière fois de la journée, Dominique Strauss-Kahn est appelé à la barre. Réagissant au témoignage qui vient d'être évoqué, l'accusé se met à égrené, "avec plaisir", les erreurs factuelles qu'auraient commises la fille en question.

Dominique Strauss-Kahn, flirtant sur la théorie du complot, fait une remarque sur le terme "abattage", employé à plusieurs reprises par les prostituées pour évoquer leur traitement durant les parties fines. "Ce qui me surprend, c'est ce terme d'abattage, il revient plusieurs fois dans la procédure, je suis de l'avis de Madame la procureur, quand un même terme revient deux, trois, quatre fois, ça ne peut pas être un hasard, ça me paraît bizarre qu'il soit dans la bouche de tout le monde."

18h15 - "Des partouzes géantes à l'Elysée"

C'est désormais à Fabrice Paszkowski de retourner à la barre. Une nouvelle soirée à Lille, qui n'avait pas lieu dans l'hôtel du Carlton, est évoquée. Le témoignage d'une fille est lu par le président du tribunal. Selon elle, Paszkowski, proche de DSK, se serait imaginé faire "des partouzes géantes à l'Elysée" si son ami, longtemps favori pour la présidentielle de 2012, accédait aux plus hautes-fonctions de l'Etat.

Le prévenu, au même titre que l'intégralité de la salle d'audience, explose de rire.

17h50 - Lagarde évoque "l'après-Sofitel"

Confronté à plusieurs reprises aux propos divergents de David Roquet, Jean-Christophe Lagarde, de nouveau devant le juge, évoque les jours qui ont suivi l'éclatement du scandale du Sofitel, à New York.

"Nos petites parties fines, on garde ça pour nous", se souvient s'être dit le policier à cette époque, avant d'évoquer sa peine pour Dominique Strauss-Kahn. "Il y avait une telle boue, un tel torrent d'ordures, c'était un lynchage quotidien", se souvient-il. "Je ne cache pas l'admiration que j'ai pour l'homme, j'aime sa personnalité. J'ai eu une peine terrible pour l'image que renvoyait le traitement médiatique, pour ce qu'il subissait."

17h15 - Le policier Lagarde de nouveau malmené

Le policier Jean-Christophe Lagarde est interrogé sur ses échanges et rapports avec Virginie Dufour. Ses justifications n'ont pas l'air de convaincre le président du tribunal.

De plus en plus, le commissaire semble avoir du mal à cacher qu'il ne savait pas que l'au moins l'une des filles présentes lors des parties-fines était une escort-girl. Ce qu'il a, au même titre que DSK, toujours nié.

17h02 - Une "équipe de libertins"

Plusieurs témoignages de femmes sont cités à propos d'un troisième voyage à Washington. L'une d'elle évoque "une équipe de libertins", se rappelle "d'une bonne ambiance" et d'un Strauss-Kahn "attentionné et non-violent".

16h57 - Fin de l'audition de Virginie Dufour

DSK n'a pas bougé de sa chaise durant son intervention. 

16h40 - "Je pense que DSK connaît le prénom des mes enfants"

"Je pense que Dominique Strauss-Kahn connaît le prénom des mes enfants", explique Virginie Dufour. J'ai avec lui "des relations qui n'ont rien à voir avec ce que je vis depuis hier matin".

Elle a notamment rencontré DSK à Paris, durant trois heures dans un café à 100 mètres du Murano. Son mari lui avait parlé d'une "journée shopping" dans la capitale.

David Roquet aussi visiblement selon les propos de Virginie Dufour:

16h30 - L'audience reprend

Virginie Dufour, l'ex-compagne de Fabrice Paszkowski est à la barre. Elle ne comprend pourquoi elle se trouve mêlée à cette affaire mais elle est poursuivie pour proxénétisme. "Je suis perdue, je ne sais pas ce que je fais là. Je connais bien tous ces gens mais pas sous ce jour là", dit-elle.

Le président lui rappelle qu'on lui reproche d'avoir fait un montage financier pour permettre de payer les filles. Via sa société d'événementiel elle aurait "maquillé" une facture pour dégager des fonds, payer trois voyages à Washington et rémunérer les filles.

16h10 - L'audience est suspendue 

Un voyage de mai 2011 sera évoqué ensuite. Les avocats profitent de la suspension pour parler aux journalistes.

15h59 - "Que le pouvoir a du bon"

"Ah ce que le pouvoir a du bon", se serait exclamé David Roquet pendant un acte sexuel lors de cette soirée à Washington, raconte une des jeunes femmes. Il se défend en affirmant qu'il parlait "de l'hôtel de luxe et du champagne", visiblement servi en grande quantité.

15h50 -"Nous n'avons jamais parlé de tarifs"

"Je conteste évidemment" savoir que les jeunes femmes étaient rémunérées, répond Dominique Strauss-Kahn à la barre aux côtés de David Roquet, Fabrice Paszkowski et Jean-Christophe Lagarde. Je lui ai demandé plus tard 'Est-ce que à l'occasion ça l'amuserait de venir me voir à Paris?' Je lui laisse mon numéro pour qu'elle puisse m'appeler. D'ailleurs, si c'était une prostitué, ce serait plutôt l'inverse."

"Nous n'avons jamais parlé de tarifs, je lui ai simplement dit que si elle venait à Paris, je lui paierai le train. Ca ne lui coûterait rien", explique l'ancien patron du FMI, très à l'aise une fois de plus.

15h40 - Aurélie: "DSK savait"

Dominique Strauss-Kahn confrontés aux propos d'Aurélie, l'une des prostitués avec qui il a eu une relation à Bruxelles et Washington. Elle n'est pas présente pour témoigner. Le président lit les dépositions de la jeune femme: "On était payées pour avoir des relations sexuelles. Jean-Christophe Lagarde le savait tout comme Dominique Strauss-Kahn"

Quant aux pratiques sexuelles de DSK, "il avait des demandes qui pouvaient choquer les novices", dit-elle.

15h02 - Un autre voyage à Washington dans les débats

Le président embraye sur une autre rencontre de Washington en décembre 2010 avec Estelle, "libertine depuis toujours". Dans sa déposition elle affirme avoir eu "10 relations sexuelles avec Dominique Strauss-Kahn mais aussi avec David Roquet ou Jean-Christophe Lagarde".

Une autre fille, Marion, fait partie du voyage du mois de décembre. Les deux femmes ont eu du mal à être payées, pointe le président qui raconte qu'elles ont parlé de ce problème devant Lagarde qui aurait répondu: "Arrêtez de chicaner, vous allez être payées". Lui nie avoir su qu'elles étaient prostituées. 

David Roquet a lui un "vague souvenir" de cet "incident de paiement".

14h55 - DSK redemande la parole et l'obtient

"Ce n'est pas parce que Jade a un grand lit que j'aurais dû deviner qu'elle était prostituée", juge Dominique Strauss-Kahn, mécontent d'être présenté comme naïf. Son argument? Une photo réalisée dans son bureau avec Washington en compagnie de ses amis en visite. 

"Le directeur du FMI à Washington ne prend pas une photo dans son bureau avec une prostituée, c'est inconcevable", lance-t-il avant de s'étonner que Jade le présente comme "agréable" à Washington après avoir "si mal vécu" leur relation sexuelle quelques mois plus tôt à Bruxelles.

Enfin, "je note que M. Lamazou (L'homme avec qui Jade a eu une relation à Washington, engagé dans des associations pour le droit des femmes, NDLR) n'a pas vu la qualité de prostituée de Jade... Tout comme moi!", expose Dominique Strauss-Kahn.

14h53 - Jean-Christophe Lagarde "n'attendait rien" de DSK

Contrairement à certaines informations, le commissaire Jean-Christophe Lagarde assure "qu'il n'attendait rien de ses rencontres" avec DSK. Dans procédure une femme avait notamment dit qu'il se voyait plus tard au ministère de l'Intérieur en cas d'élection de celui qui a été longtemps le favori des sondages à gauche.

14h41 - Lagarde était "invité en tant qu'ami"

Il s'agissait de "voyages privés, c'est l'ami qui était invité, pas le policier", répond Jean-Christophe Lagarde, attaqué par le procureur ci-dessous.

L'ex-commissaire assure qu'il échangeait sur des questions de sécurité avec Dominique Strauss-Kahn. Aucun témoin n'a rapporté ses discussions, remarque le président mais Jean-Christophe Lagarde a aussi conseillé le député Jean-Jacques Urvoas sur la question. Les deux hommes ont été mis en contact par DSK.

14h39 - Le procureur passe à l'offensive

Le procureur attaque le commissaire Lagarde: "6 allers retours en TGV plus 6 billets d'avion Aller Retour plus 6 chambres d'hôtels ce qui représente entre 4 et 5.000 euros. Déontologiquement vous trouvez ça normal?".

14h32 - Le commissaire Lagarde à la barre

Jean-Christophe Lagarde, ancien commissaire divisionnaire est interrogé sur ce voyage à Washington janvier 2010. "J'ai été contacté par Paszkowski dans le but d'aller rendre visite" à Dominique Strauss-Kahn, débute-t-il.

David "Roquet (qui n'était pas à Washington) m'avait présenté Jade comme sa petite amie", poursuit-il.

14h27 - Dominique Strauss-Kahn lève le bras. Il souhaite intervenir

L'ancien directeur a immédiatement réagi quand le président a demandé s'il restait des questions, raconte une journaliste d'Europe 1 sur Twitter:

14h15 - Confrontation entre Jade et Paszkowski sur le voyage à Washington

Les deux, qui se tutoient, maintiennent des versions différentes. "Comme je n'ai pas consommé la relation avec DSK c'est bien Fabrice qui m'a dit que ce serait bien que je fasse une prestation avec" l'un de ses amis. L'ami en question est Titouan Lamazou, artiste peintre et ancien marin. Son nom est donné par la vice-procureur et il a été entendu durant l'enquête.

"Je ne m'en souviens pas", dit Fabrice Paszkowski. Jade répond: "Mais pourquoi veux-tu que je couche avec lui?"

14h06 - Fabrice Paszkowski à la barre

Il est notamment du voyage organisé à Washington en 2010 où Jade était rémunérée 2.000 euros. Fabrice Paszkowski a gardé ce "détail secret avec David (Roquet). La jeune femme y a eu une relation sexuelle avec un de ses amis, "qui s'occupait des droits de la femme". Fabrice Paszkowski assure n'avoir rien demandé à Jade.

14h03 - L'audience reprend 

12h25 - L'audience est suspendue. Elle reprendra à 14 heures.

12h00 Le président s'intéresse désormais à l'un des voyages de DSK à Washington, en janvier 2010. Fabrice Paszkowski, ami et entrepreneur lillois, est à la barre. Lui aussi faisait partie du voyage. Il raconte avoir proposé à Jade de les accompagner "pour 2.000 euros". Une somme qu'elle mettra six mois à toucher "dans ce monde de luxe", ironise le président. Fabrice Paszkowski se justifie tant bien que mal, évoquant un problème de passeport de David Roquet, qui était celui qui devait la payer. Finalement, tous deux se sont partagés les frais.

11h35 - Les excuses de DSK. "Je ne me suis pas rendu compte que certaines femmes avaient vécu notre relation de façon désagréable, et j'en suis désolé", lance l'ancien directeur du FMI d'une voix claire. Il revient ensuite sur la prostitution, "une atteinte à la dignité humaine", selon ses termes. "Je redis ici que je n'aime pas cette pratique". Y a-t-il des prostituées dans les clubs libertins? "Oui, ça existe, mais c'est comme les poissons volants, ce n'est pas très fréquent...", s'amuse DSK.

11h30 - DSK assume ses pratiques. "Mon comportement sexuel n'impose pas la nécessité de prostituées. Il est certes plus rude que la moyenne des hommes, mais il est le même avec toutes les femmes. Je commence à en avoir assez de vos questions, je ne suis pas là pour pratiques sexuelles dévoyées", s'agace l'ancien homme politique face à Me Lepidi, avocat d'une association qui s'est portée partie civile.

11h05 - DSK revient sur Jade, qui indiquait lui avoir raconté durant un trajet de voiture ce qu'elle faisait pour vivre. "Oui, nous avons parlé notamment des activités des uns et des autres. Elle a parlé de ses spectacles dans un club libertin. J'en ai déduit qu'elle faisait des danses érotiques. Point. Cela ne veut pas dire que c'est une prostituée."

10h57 - DSK: "Tout le vocabulaire animalier y passe". "Je voudrais revenir sur le vocabulaire utilisé "boucherie", "abattage"", dit Dominique Strauss-Kahn. "La pratique sexuelle pratiquée ce soir-là peut ne pas plaire à Jade, mais ça n'implique en rien qu'il y avait des prostituées", poursuit-il.

10h55 - DSK à la barre. Dominique Strauss-Kahn avait-il conscience de son "statut" lors de ces soirées? "Est-ce que j'étais un produit d'appel? Je ne vois pas pourquoi ça aurait intéressé autant de gens que je sois là", rétorque l'ancien patron du FMI. 

10h45 - "Je ne lui ai pas dit que j'étais payée", admet Jade. Elle affirme cependant lui avoir raconté lors d'un trajet en voiture son "métier" "sur scène". "Ca me paraît évident qu'il savait que j'étais prostituée."

10h30 - C'était "une boucherie", "tout le monde était sur des matelas", explique à la barre Jade, une ancienne prostituée, avant de livrer des détails douloureux sur un rapport "non consenti" avec DSK. "A la confrontation, il a dit qu'il ne s'était pas rendu compte que c'était un moment difficile. Il ne s'en est pas excusé, mais aucun autre client n'aurait fait ça. Est-ce que cette personne pense qu'elle peut tout faire?" Jade a ensuite refusé de continuer à répondre aux questions de la défense de DSK de cet ordre, les jugeant "dégradantes".

10h00 - Les trois Femen qui avaient accueilli seins nus Dominique Strauss-Kahn, mardi lors de son arrivée au palais de justice de Lille où il comparaît pour proxénétisme, vont être jugées pour exhibition sexuelle le 15 décembre, annonce le parquet de Lille.

07h00 - L'avocat de Nafissatou Diallo juge "risible" la défense de Dominique Strauss-Kahn au procès du Carlton de Lille, dans une interview à BFMTV.

l'essentiel

DSK assume mais s'excuse. L'ancien directeur du FMI a admis avoir une "sexualité plus rude" que la moyenne des hommes, et se désole que certaines femmes, parties civiles dans ce procès, n'aient pas apprécié. 

Jade évoque une relation non consentie. L'ancienne escort affirme que DSK a eu un jour avec elle un rapport sexuel brutal et imposé. "Aucun client ne m'aurait jamais fait", a témoigné Jade à la barre.

  • Les trois Femen jugées en décembre prochain. Les jeunes femmes qui avaient accueilli DSK seins nus sont poursuivies pour exhibition sexuelle.
S. A., A. G. & Jé. M.