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Procès Andy: un face à face difficile entre l'accusé et sa famille

Andy (g.) à son arrivée au tribunal, ce jeudi.

Andy (g.) à son arrivée au tribunal, ce jeudi. - -

Le procès en appel d'Andy, le jeune homme qui avait tué de sang-froid ses parents et ses deux frères il y a quatre ans, s'est ouvert à huis-clos ce jeudi. La semaine de débat s'annonce difficile.

C'est une douloureuse réunion de famille, dont tous se seraient bien passés. Le procès en appel d'Andy, 20 ans, accusé d'avoir abattu de sang-froid ses parents et ses deux frères en 2009, s'est ouvert ce jeudi devant la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône. Face à lui, sur les bancs des parties civiles, le reste de sa famille, qui attend des réponses - et une condamnation.

Lors du premier procès, fin 2012, le garçon avait été déclaré pénalement irresponsable. Mais le parquet avait fait appel. Les parties civiles ne croient pas non plus que le discernement d'Andy ait été "aboli" au moment du terrible geste. "Il n'a aucune pathologie mentale. Il fait du sport, il est en (licence de) biologie. (...) Je voudrais qu'il soit condamné", a lâché son grand-père maternel jeudi matin en entrant dans le prétoire.

"Très stressé"

Andy est hospitalisé en unité pour malades difficiles à l'hôpital Montfavet d'Avignon. Mais il ne suit aucun traitement médicamenteux. Il est arrivé libre à son procès, en chemise, jean et baskets. "Très stressé", a indiqué son avocate, Me Romania Cresci. "Il va expliquer le 'comment', comme il l'a toujours fait, mais il lui est impossible de poser des mots sur le 'pourquoi' de son geste", a-t-elle ajouté.

Aux enquêteurs, après l'irréparable, Andy avait expliqué qu'il "ne savait plus où [il] était" et qu'il y avait "quelqu'un d'autre à [sa] place". Il avait relaté que ses pas l'avaient conduit vers le râtelier d'armes à feu de son père, qu'il avait eu envie de tirer, et même qu'il "devait le faire".

C'était au milieu de la nuit du 11 au 12 août 2009, dans la maison d'Albitreccia, en Corse-du-Sud. Il s'était réveillé subitement, s'était emparé du fusil de son père et avait tué dans leurs chambres son père et sa mère, puis ses deux frères, des jumeaux âgés de 10 ans. Andy en avait alors 16.

"Si c'était un étranger, ce serait plus facile"

Pour sa famille, la situation est extrêmement douloureuse. "Si c'était un étranger, ce serait plus facile. C'est le petit-fils quand même", a lâché son grand-père avant l'audience. L'un de ses oncles confie que "ça fait très mal" et que, jeudi matin, Andy "n'osait pas [les] regarder".

Le jeune homme a demandé de lui-même à être placé derrière la vitre du box des accusés qui comparaissent détenus. Mais "la proximité" avec sa famille "le stresse beaucoup", a précisé son avocate.

M. T.