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Prison de Liancourt: un détenu raconte son quotidien en diffusant des vidéos depuis sa cellule

Extrait d'une des vidéos du détenu - Image d'illustration

Extrait d'une des vidéos du détenu - Image d'illustration - YouTube

L'individu y qualifie "d'exploitation" le travail pénitentiaire.

La prolifération des téléphones portables en prison est un sujet pris à bras-le-corps par l'autorité pénitentiaire. L'année dernière, près de 40.000 appareils ont été saisis lors de fouilles et l'actualité de l'été, l'incarcération des rappeurs Booba et Kaaris, avait de nouveau mis en lumière l'utilisation des smartphones derrière les barreaux. 

Comme le souligne Le Courrier Picard, certains détenus jouissent d'un petite popularité sur les réseaux sociaux. C'est le cas de cet homme emprisonné au centre pénitentiaire de Liancourt, dans l'Oise, qui multiplie les courtes vidéos sur Snapchat, Instagram, Facebook, YouTube et Tik Tok, la nouvelle application à la mode, où près de 21.000 personnes suivent son quotidien. 

Peinture du quotidien

Dans ses publications, ce détenu d'une trentaine d'années se plaint de son traitement. Pour lui, la rémunération du travail en prison s'apparente à de "l'exploitation" et détaille son salaire: "39 heures par semaine payées 77 euros, 25 heures par semaine payées 33 euros." Puis, ce dernier s'attaque également aux tarifs pratiqués pour derrière les barreaux "parce que les gens pensent que ce que j’ai dans la cellule est gratuit" explique-t-il. 

Comme le détaille le quotidien régional, dans ce centre pénitentiaire, les détenus doivent s'acquitter de 4,39 euros pour une bouteille d'huile d'olive, ou de 9 euros pour un poulet. Malgré tout ,la publication souligne que le détenu bénéficie bien de trois repas quotidiens pris en charge par l'administration.

Les autorités dans l'embarras

Toujours selon Le Courrier Picard, l'administration pénitentiaire est bien consciente de l'existence de ces vidéos. "Il en avait déjà posté cet été ; son téléphone portable avait été saisi et des sanctions prises" explique-t-on du côté de la direction interrégionale des services pénitentiaires.

"Rien ne permet pour le moment de les dater. Mais nous pensons qu’il s’agit de vidéos tournées en même temps que les autres et qui ont été mises en ligne par quelqu’un d’autre." 

Plus tôt dans l'année, le détenu avait été jugé et condamné pour avoir filmé une agression dont il était l'instigateur. Pour l'ensemble e son oeuvre, il risque "jusqu’à 20 jours de quartier disciplinaire."

Hugo Septier