BFMTV

"Pourquoi notre fille est morte?": la colère des parents de Naomi Musenga après le rapport de l'Igas

Les parents de Naomi Musenga.

Les parents de Naomi Musenga. - BFMTV

La famille de Naomi Musenga, morte à cause d'une négligence supposée de la part du Samu, déplore des conclusions partielles après la remise du rapport d'enquête de l'Inspection générale des affaires sociales.

Une famille en colère qui attend encore de nombreuses réponses. Les parents de Naomi Musenga, cette jeune femme morte après une négligence supposée du Samu de Strasbourg, se sont exprimés vendredi après la remise du rapport d'enquête réalisé par l'Igas, l'Inspection générale des affaires sociales. "Nous voulons dire qu’ils ont fait un travail mais ce n’est pas complet", estime le père de la victime. 

"J’aimerai que des responsabilités à l’intérieur de l’hôpital soient assumées", poursuit-il.

"Prise en charge inqualifiable"

Révélées mercredi, les conclusions de l'Igas pointent les réponses de l’assistante de régulation qui a pris l’appel de la jeune femme, l’accompagnement de la famille et les suites données à l’affaire. L’Igas estime notamment que "les réponses non adaptées de l’assistante de régulation médicale ont conduit à un retard global de prise en charge de près de 2h20". "C’est regrettable d’avoir attendu cinq mois pour nous répondre avec des dossiers incomplets", tranche la mère de la jeune femme.

"Le drame de Naomi est inqualifiable. Sa prise en charge est inqualifiable", analyse l'avocat de la famille. "Les conclusions de l’Igas sont affligeantes. Il y a des soucis de moyens mais ceci ne pourra jamais justifier l’attitude inqualifiable de ce que j’appellerai une standardiste qui fait office de médecin et qui prend des décisions qui peuvent engager la vie de personnes. Ce n’est pas la seule responsable."

Une justice trop lente pour la famille

Un autre point soulève la colère des parents de la jeune femme de 22 ans morte le 29 janvier dernier. Pour l'heure, la mort de Naomi Musenga reste indéterminée. "Nous sommes démunis, s'énerve la mère de la victime. Naomi est morte, je n’arrive pas à pleurer. Pourquoi ma fille est morte?" L'autopsie de Naomi Musenga a été pratiquée le 3 janvier dernier, soit 112 heures après sa mort. Un examen qui a été réalisé "dans des conditions qui ne laissent aucun espoir scientifique de porter le diagnostic", estime l'avocat.

"Il faut que la procédure pénale se mette en route", juge le conseil, qui appelle à des mise en examen rapides.

"Il est inacceptable que l'on reste sur ce schéma d'enquête préliminaire", qui est "un cauchemar", a insisté Me Jean-Christophe Coubris, l'un des avocats de la famille. Les parents de Naomi Musenga ont réclamé ce vendredi l'ouverture d'une information judiciaire pour que les causes et les responsabilités dans sa mort soient dévoilées.

J.C.