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Plus de 20 ans après, un homme trahi par son ADN dans une affaire de viol

Les enquêteurs de la police scientifique (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Les enquêteurs de la police scientifique (PHOTO D'ILLUSTRATION). - Capture BFMTV

Un homme de 67 ans a été mis en examen pour un viol commis en 1998, après que son ADN a été retrouvé sur un emballage de bonbon lors d'un cambriolage.

Une affaire vieille de plus de 20 ans enfin résolue. Un sexagénaire a été mis en examen et incarcéré pour viol vendredi dernier à Poitiers (Vienne). Il a été trahi par la découverte de son ADN dans une enquête pour un cambriolage, ont annoncé mardi le parquet et la gendarmerie.

Un emballage de bonbon

Ce cold case a rebondi cet été suite aux prélèvements d'indices sur un cambriolage commis dans une menuiserie dans la Vienne. En exploitant les traces ADN prélevées sur les lieux, les gendarmes se sont aperçus que l'une d'elles, découverte sur un emballage de bonbon, coïncidait avec l'ADN d'un violeur inconnu figurant depuis plus de vingt ans dans la base de données du Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG).

"À notre grande surprise, soit notre agresseur de 1998 vient de commettre un cambriolage, soit il est lié de près ou de loin à ce cambriolage. Mais l'ADN est une preuve irréfutable, dès lors qu'on a pas de vrais jumeaux", explique à BFMTV Frédéric Chilon, commandant de la cellule d'identification criminelle de la Vienne.

Cette correspondance entre les deux ADN non identifiés permet donc de relancer l'enquête sur ce viol. Les soupçons se portent rapidement sur un homme aujourd'hui âgé de 67 ans, le père de l'exploitant de la menuiserie cambriolée. Il n'avait jamais été inquiété jusqu'à son interpellation mercredi. En quelques heures, l'analyse de l'ADN prélevé sur le sexagénaire en garde à vue, a confirmé que c'était bien le sien qui avait été retrouvé en 1998.

Visage dissimulé par une cagoule

Confronté à ces comparaisons d'ADN, il a reconnu les faits de viol, a indiqué le procureur de la République de Poitiers, Michel Garrandaux, lors d'une conférence de presse mardi. Le viol avait été commis en octobre 1998, en pleine nuit, sur une route du nord du département. La victime est une automobiliste, qui était alors âgée de 21 ans.

"Sur le chemin pour rentrer à son domicile, elle est arrêtée par des rondins de bois qui encombrent la route. Se présente une personne qui intercepte son véhicule puis va quelques kilomètres plus loin la violer à bord du véhicule", nous relate le lieutenant colonel Sophie Périgord, commandant de la compagnie de gendarmerie de Châtellerault.

Le suspect, qui avait "le visage dissimulé par une cagoule" selon le procureur, avait ensuite pris la fuite à pied. Il s'agissait en réalité du voisin de la victime. À l'époque, il avait été entendu comme simple témoin.

"La victime, une mère de famille, s'est dite soulagée, heureuse de ce dénouement, mais aussi en grande souffrance", a ajouté le procureur.
Esther Paolini avec AFP