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Pillage d'un Apple store à Bordeaux: 4 mois ferme pour un jeune de 18 ans

Le tribunal a estimé que ce permis était "entaché de quatre illégalités" et l'a par conséquent annulé.

Le tribunal a estimé que ce permis était "entaché de quatre illégalités" et l'a par conséquent annulé. - AFP

Lundi, un jeune de 18 ans a été condamné à dix mois de prison dont 4 fermes pour avoir volé un iPad lors du pillage de l'Apple store de Bordeaux samedi.

Un jeune majeur a été condamné lundi à dix mois de prison donc six avec sursis pour avoir volé un iPad pendant le pillage de l'Apple store samedi à Bordeaux, en marge de la journée de mobilisation des gilets jaunes.

Un trentenaire jugé pour les mêmes faits de vol aggravé par deux circonstances (en réunion et avec dégradations) a reçu une peine d'un an de prison dont six avec sursis mais n'a, lui, pas fait l'objet d'un mandat de dépôt à l'audience.

"C'est la dernière fois"

Sadio, 18 ans et casier judiciaire vierge, a expliqué qu'il n'avait pas participé à la destruction des portes du magasin, situé en plein centre-ville de Bordeaux, mais avait juste voulu profiter de l'aubaine quand il a vu que des gens pillaient. "Je n'aurais pas dû suivre le mouvement, c'est la dernière fois", a dit le jeune homme, avare de mots devant les juges. 

Des images de vidéo-surveillance diffusées à l'audience ont montré des jeunes cagoulés s'acharner sur la porte du magasin pendant environ cinq minutes, à l'aide de panneaux de signalisation arrachés. Le pillage a ensuite duré à peine deux minutes.

La procureure de la République Marie-Madeleine Alliot, qui a affirmé "n'avoir jamais vu cela dans toute (sa) carrière professionnelle, seulement au cinéma", et a insisté sur la "parfaite organisation" des pillards, des "barbares", qui ont enflammé une barricade à proximité du magasin avant le saccage pour, selon elle, ralentir les forces de l'ordre.

"Je suis chez Samsung"

Jugé pour les mêmes faits, Julien, 32 ans, a dit qu'il se promenait quand le pillage a eu lieu et qu'il avait eu "la mauvaise idée de pénétrer dans le magasin vide".

"Le dernier con à être rentré, c'est moi!", a dit cet employé de supermarché en Vendée, reconnaissant avoir volé une enceinte. "Je ne savais même pas ce que c'était... Je ne sais pas pourquoi j'ai pris ça, je suis chez Samsung", a-t-il souligné.

Malgré deux précédentes condamnations, les juges ont pris en compte son récent AVC, son suivi psychiatrique depuis une dépression, son arrêt maladie qui l'éloigne de son travail dans un , son imminent divorce d'avec la mère de ses deux enfants.

"Volonté d'exemplarité"

Trois autres prévenus étaient jugés à Bordeaux pour, notamment, violence et outrage aux forces de l'ordre lors des heurts samedi.

Damien, ancien toxicomane de 30 ans, a reçu une peine de 3 mois de prison ferme avec mandat de dépôt, requis par la procureure car "il y a l'acte V samedi".

Erwan et Alexandre, 25 ans, ont eux été condamnés à 6 mois de prison dont 3 avec sursis et devront indemniser la partie civile, un policier touché au ventre par un jet de bouteille.

"C'est sûr qu'il y a eu une volonté d'exemplarité", a indiqué Marine Garcia, avocate de plusieurs prévenus. Selon elle, les personnes déférées lundi "ne sont pas forcément celles qui ont été les plus violentes ou ont causé le plus de dégâts" mais qu'elles ont "un peu pris pour les autres".

B.L. avec AFP