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Paris, Bordeaux, Saint-Etienne: d'importants dégâts déplorés

A Paris, les dégâts sont beaucoup plus importants que la semaine dernière, estime Emmanuel Grégoire.

A Paris, les dégâts sont beaucoup plus importants que la semaine dernière, estime Emmanuel Grégoire. - Abdul Abeissa - AFP

Près de 136.000 personnes ont participé ce samedi à une nouvelle journée de mobilisation, dans plusieurs villes de France. Si la plupart des manifestations sont restées pacifiques, des débordements et de nombreux dégâts matériels sont à déplorer sur le territoire.

Les stigmates de ce quatrième samedi de mobilisation sont nombreux, ce dimanche matin, partout en France. Si certains défilés pacifiques ont dégénéré dans la violence, souvent rejoints par des casseurs en fin de parcours, les violences ont globalement été contenues, comme à Paris. Reste que les dégâts matériels sont importants, peut-être même plus que lors du samedi 1er décembre, comme l'a estimé ce dimanche sur France Inter Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la mairie de Paris. Anne Hidalgo a quant à elle déploré "des scènes de chaos" dans la capitale et des "dégâts incommensurables" pour l'économie et l'image de la ville, où près de 10.000 manifestants étaient réunis.

Saccages et pillages

A Paris, des voitures ont été incendiées, des vitrines brisées et des boutiques pillées. Sur les Champs-Élysées, relativement épargnés par la casse par rapport à la semaine dernière, des commerces, pourtant protégés par des palissades en bois, ont été ravagés. C’est le cas notamment du Drugstore Publicis, situé en haut de l’avenue: des casseurs ont descellé les barricades de protection avant de briser la vitrine.

Ces scènes, rapides et violentes, ont également touché des rues plus éloignées des Champs-Élysées et des Grands boulevards, où les magasins ont été fermés exceptionnellement pour cette journée. Ce dimanche, la capitale parisienne arbore des allures de ville morte, à deux semaines des fêtes de Noël. Dans le VIIIe arrondissement, du mobilier urbain a été pris pour cible par des trublions qui ont arraché des panneaux de signalisation, des barrières de chantier ou encore descellé des grilles de protection des arbres. Les murs des immeubles haussmanniens ont aussi été tagués de diverses inscriptions comme: "Tremble bourgeois."

Place de la République, une enseigne de sport a été dévalisée, des abris bus ont également été saccagés, le verre brisé de leurs vitres jonchaient encore le sol au petit matin. Dans la capitale, 600 agents d’entretien ont été déployés pour réparer les dégâts.

"Ce qui prend plus de temps à nettoyer, c’est les débris de verre et le plastique brûlé qui a fondu sur le bitume", explique à BFMTV Antoine Debeurre, agent d’entretien mobilisé dans le quartier de la gare Saint-Lazare où des vitrines ont été brisées.

Barricades enflammées

En province, les séquelles de la mobilisation sont toujours visibles. Près de 3000 gilets jaunes ont défilé à Nantes, avec des affrontements et des dégradations, 2000 à Marseille, 600 à Montpellier, 500 à Nice... À Lyon, des milliers de gilets jaunes ont parcouru la ville, se mêlant dans la soirée aux badauds et aux touristes venus pour la Fête des lumières. La tension est montée lorsque la manifestation a tenté de se diriger vers la préfecture, mais les Lyonnais ont poursuivi leurs courses de Noël au milieu des gaz lacrymogènes.

Le défilé des gilets jaunes a dégénéré à Bordeaux. Les tensions ont commencé à se nouer en plein centre-ville, place Pey Berland, où des barricades enflammées se sont succédé sur une centaine de mètres. Un Apple store a également été pillé. Les forces de l'ordre et les pompiers ont tenté de repousser les assauts d’une centaine de casseurs, jusque tard dans la nuit.

Un grand nombre de ces fauteurs de troubles étaient porteurs d’armes par destination: pavés, boules de pétanque, fumigènes, fusées de détresse. Ces débordements ont fait 26 blessés dont un jeune homme qui a eu la main arrachée par une grenade qu’il ramassait.

Le maire de la ville, Alain Juppé a condamné ces agissements:

"Honte aux vandales, aux pillards, que j’ai vu saccager hier soir certaines rues de Bordeaux. Nous avions prévenu les gilets jaunes qu’ils se feraient inévitablement déborder. J'en appelle à nouveau à leur sens des responsabilités."

L'attente de nouvelles mesures

A Toulouse ou encore à Saint-Etienne le calme a également laissé place au tumulte. Des casseurs ont infiltré les rangs des gilets jaunes et les barricades de protection n'ont là encore pas résisté à ces manifestants violents. A Saint-Etienne, sept boutiques du centre-ville ont été saccagées et pillées.

Pour l'ensemble de la France, le ministère de l'Intérieur a fait état ce dimanche de 136.000 manifestants, 1723 personnes interpellées, dont 1220 ont été placées en garde à vue. Au lendemain de ce quatrième samedi de mobilisation, les gilets jaunes attendent désormais les réponses du président de la République, resté muet depuis une semaine.

Ambre Lepoivre