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Le point sur les mobilisations des gilets jaunes en Province

A Bordeaux , un jeune homme a eu la main arrachée par une grenade qu'il avait ramassée

A Bordeaux , un jeune homme a eu la main arrachée par une grenade qu'il avait ramassée - NICOLAS TUCAT / AFP

Des débordements ont été constatés à Lyon, Toulouse et Bordeaux, tandis que de nombreux rassemblements, notamment dans le sud-est se sont déroulés pacifiquement.

De nombreux rassemblements de gilets jaunes avaient lieu ce samedi dans plusieurs villes de France, Si la plupart des manifestations sont restées pacifiques, des débordements ont été constatés en régions.

Le cortège qui a rassemblé pacifiquement plusieurs milliers de personnes dans les rues de Bordeaux, a dégénéré en fin de parcours sur la place face à l'Hôtel de Ville, où des manifestants ont lancé des cocktails Molotov, ont constaté des journalistes. Un jeune homme a été grièvement blessé à la main.

Sur la place Pey Berland, bordée par la mairie et la cathédrale Saint-André, des éléments incontrôlés se sont affrontés aux forces de l'ordre, alors que certains "gilets jaunes", partisans d'une manifestation pacifique, tentaient de les dissuader, certains se mettant à genoux. 

La grille donnant accès à la cour de la mairie, objet des attaques de "gilets jaunes" ces deux derniers samedis, était protégée par des véhicules de la police. Les forces de l'ordre ont mené plusieurs assauts et fait usage de gaz lacrymogène contre les casseurs qui ont allumé des feux, utilisé des frondes et jeté des pavés. En début de soirée, des barricades étaient incendiées sur une des rues adjacentes, le cours Alsace-Lorraine.

La place est à deux pas des rues commerçantes où les Bordelais faisaient leurs courses et de nombreuses boutiques ont fermé précipitamment leurs devantures, tandis qu'un hélicoptère des forces de l'ordre survolait la scène. "C'est la première fois que je me fais gazer", dit Christian, un "gilet jaune" de 55 ans. "Le problème, c'est qu'on va parler des casseurs et pas des revendications".

23 interpellations à Lyon

La manifestation de plusieurs milliers de gilets jaunes à Lyon a été marquée par de violentes échauffourées entre groupes armés de bouteilles et fumigènes lancés contre les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Aux cris de "Macron démission", "Macron rends le pognon", le cortège avait défilé dans un calme relatif dans la Presqu'île, au centre de la ville, entre Rhône et Saône, en début d'après-midi.

Puis la tension est rapidement montée quand la manifestation a voulu se diriger vers la préfecture sur la rive opposée du fleuve. Neuf interpellations avaient eu lieu vers 16h, "un nombre appelé à évoluer", selon la préfecture. Près du pont de la Guillotière, dans le 7e arrondissement, des troubles ont éclaté pendant près de deux heures entre manifestants et forces de l'ordre qui répliquaient avec des gaz lacrymogènes aux jets de projectiles de petits groupes. A 20h, la préfecture recensait 23 interpellations, un blessé léger, côté forces de l'ordre, et deux très légers parmi les manifestants. 

Heurts à Toulouse

Des heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre pendant plusieurs heuresà Toulouse, où plusieurs milliers de personnes et gilets jaunes refoulés hors du centre-ville à coups de gaz lacrymogènes ont jeté des projectiles et érigé des barricades, la préfecture annonçant 12 blessés, dont 4 policiers.

Selon la préfecture, quelque 5.500 personnes ont défilé dans Toulouse, sur les 6.600 recensées en Haute-Garonne. 38 personnes ont été interpellées suite à des violences contre des policiers ou en possession de différentes armes (bombes incendiaires, armes blanches, marteaux, gourdins, liquides inflammables). 

600 personnes à Montpellier

Par ailleurs, deux mille gilets jaunes ont défilé pacifiquement à Marseille avant que des échauffourées n'éclatent sur la Canebière à la nuit tombée quand des centaines de jeunes gens, pour la plupart masqués ou encagoulés, ont été dispersés vers 17h00 par des jets de gaz lacrymogènes lancés par les policiers.

Six-cent personnes étaient rassemblée à Montpellier et 500 à Nice, où ils ont observé une minute de silence devant le palais de la Méditerranée "pour tous les morts et blessés des manifestations depuis trois semaines.

Saint-Etienne: des incidents en marge de la manifestation

Dans la ville de Saint-Étienne, une centaine de jeunes ont affronté samedi les forces de l'ordre qui voulaient les empêcher d'accéder à la préfecture de la Loire, située en plein centre-ville de Saint-Etienne. Aux jets de pierres et de bouteilles, les forces de l'ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes. Une voiture de police a été renversée et incendiée à une cinquantaine de mètres de l'Hôtel de Ville, situé dans le même périmètre. Vers 17h30, l'hypercentre était quadrillé par les forces de l'ordre, permettant un retour au calme.

Un policier blessé à Nantes

Un millier de "gilets jaunes" faisaient également face samedi aux CRS et gendarmes mobiles autour du centre commercial de Mondeville près de Caen, les forces de l'ordre procédant à des tirs de lacrymogènes pour repousser les manifestants. Depuis 15h00, les "gilets jaunes" jouaient au chat et à la souris avec les forces de l'ordre sur l'aire de parking du centre "Mondeville II" qu'ils occupent depuis la matinée. Au moins trois manifestants ont été interpellés, selon l'AFP qui a pu voir l'un d'eux plaqué au sol par les forces de l'ordre.

13 personnes ont été interpellées, cinq policiers et trois manifestants ont été blessés samedi à Nantes au cours d'incidents survenus lors d'une manifestation qui a rassemblé près de 3.000 personnes, la police faisant usage de la force pour contrer des "tentatives de forcer des barrages" policiers, a indiqué la préfecture à l'AFP. A la tombée de la nuit, des affrontements se sont poursuivis au niveau des arrêts de tramway "Commerce", en plein centre de Nantes, jusqu'en début de soirée. Les différents marchés de Noël, qui fonctionnaient normalement jusqu'en début d'après-midi, ont été fermés. Le cinéma Gaumont en plein centre avait lui décidé de fermer par anticipation.

Par anticipation également, le préfet a interdit la vente d'alcool à Nantes jusqu'à dimanche midi et la circulation des transports en commun avait été interrompue dans le centre ville, avant de reprendre dans la soirée. La police a par ailleurs indiqué avoir interpellé vendredi un jeune homme qui avait "diffusé sur Facebook un appel à manifester avec des armes ce 8 décembre à Nantes". Sa garde à vue était toujours en cours samedi soir.

G.D. (avec AFP)