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Gilets jaunes: ce que peut annoncer le gouvernement pour le pouvoir d'achat

Après huit jours de silence et quatre semaines de mobilisation des gilets jaunes, Emmanuel Macron s’exprimera à la télévision en début de semaine, et formulera des mesures en faveur du pouvoir d’achat des Français. Voici ce qu’il pourrait annoncer.

136.000 manifestants et toujours des violences, mais en proportion moindre qu'il y a une semaine. Au lendemain de la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes samedi, Emmanuel Macron s’apprête à annoncer de nouvelles mesures en réponse à cette crise mettant son quinquennat à l'épreuve. Il devrait s’adresser directement aux Français à l'occasion d'une allocution télévisée lundi ou mardi, a confirmé Benjamin Griveaux sur BFMTV ce dimanche.

Cible récurrente des manifestants qui continuaient de scander "Macron démission" ce week-end, le chef de l'État n'a pas pris la parole publiquement depuis samedi dernier, à l’exception d’un tweet pour saluer "le courage" des forces de l’ordre.

Vendredi, il a reçu à l’Élysée une quinzaine d’élus de région parisienne qui n’ont pas mâché leurs mots en transmettant les ressentis de leurs administrés au président. Emmanuel Macron aurait reconnu devant eux plusieurs "conneries", comme la baisse de 5 euros des APL ou la limitation de vitesse à 80 km/h, raconte Le Parisien. Le Président a par ailleurs reconnu qu’il y avait "trop d’impôts, trop de taxes, trop de fiscalité dans ce pays", et a promis des annonces sur le pouvoir d’achat et la justice fiscale.

L'annulation de la taxe sur les carburants sans effet

Pour le moment l'annulation de l'augmentation de la taxe sur les carburants semble avoir eu pour principal effet de fragiliser le Premier ministre qui défendait une suspension de la hausse. Que peut alors annoncer le gouvernement? "Deux écoles sont à l’œuvre. Il y a ceux qui veulent baisser massivement les impôts, et ceux qui veulent augmenter les dépenses", dit une source haut placée au Journal du Dimanche.

Il y a notamment la prime salariale pour les bas salaires, évoquée par Édouard Philippe la semaine dernière. Le gouvernement préfère cette option à une hausse générale du smic, dont il craint qu’elle provoque une destruction de l’emploi peu qualifié. De son côté, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, veut une prime à la mobilité pour les 70% de Français qui se rendent à leur travail en voiture.

En définitive, Emmanuel Macron ne devrait pas sortir de mesure surprise du chapeau, mais accélérer la mise en place de celles qu’il avait promises. Ainsi la baisse de la taxe d’habitation devrait être instaurée rapidement au lieu d’être étalée sur trois ans, selon le JDD. Et l’impôt sur le revenu pourrait baisser, comme il en avait évoqué l’idée lors du débat d’entre deux tours avec Marine Le Pen. Enfin, le minimum vieillesse pourrait être augmenté.

Des recettes 2019 déjà grevées

Autres pistes, soulevées par des députés de la majorité: défiscaliser les heures supplémentaires, comme sous Sarkozy, ou baisser la TVA sur les produits de première nécessité.

Reste une question: comment financer ces mesures, alors que le mouvement des gilets jaunes a sérieusement ébranlé la vie économique française ces dernières semaines? Ces annonces pour contenter les manifestants pourraient coûter entre 12 et 15 milliards d’euros estime le JDD, alors que le budget de 2019 est déjà ficelé à l’euro près.

Et les recettes prévues pourraient déjà être grevées: entre les dégâts occasionnés dans les villes en marge des manifestations, les baisses de chiffre d’affaires des commerçants et distributeurs, et l’impact du mouvement sur le tourisme, la croissance française devrait connaître un coup d’arrêt au quatrième trimestre, à 0,5%.

Nina Godart