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A Bordeaux, l'heure est à l'évaluation des dégâts

A Bordeaux, le 8 décembre 2018.

A Bordeaux, le 8 décembre 2018. - Nicolas Tucat - AFP

Samedi, la ville a été le théâtre d'affrontements entre casseurs et forces de l'ordre, en marge de la manifestation des gilets jaunes.

Si les dégâts ont été importants à Paris samedi, en marge de la quatrième journée d'action des gilets jaunes, Bordeaux n'a pas été épargnée. Du milieu d'après-midi à la fin de soirée, le centre-ville de Bordeaux a été le théâtre de violents débordements.

Affrontements entre forces de l'ordre et casseurs

La situation a dégénéré en fin d'après-midi, sur la place Pey Berland, bordée par la mairie et la cathédrale Saint-André, où des éléments incontrôlés parmi les gilets jaunes ont affronté les forces de l'ordre avec des jets de projectiles.

Des "gilets jaunes", partisans d'une manifestation pacifique, ont tenté en vain de les dissuader, certains se mettant à genoux, d'autres agitant de grands drapeaux blancs et huant les casseurs.

La police a rapidement riposté, à l'aide de gaz lacrymogènes, de tirs de flash-ball et de grenades explosives. Le long de la cathédrale, les affrontements sont vite devenus violents, la place disparaissant sous les fumigènes et les lacrymogènes qui rejetaient les passants dans les rues adjacentes.

L'Apple Store vidé en 45 secondes

De petits groupes de casseurs ont ensuite mis le feu à des barricades sur la chaussée, du mobilier urbain, ont jeté des pétards, et ont dégradé des vitrines et plusieurs banques, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre. 

L'Apple Store de la rue Sainte-Catherine, la plus grande artère piétonne commerçante de la ville, a été dégradé et pillé. En l'espace de 45 secondes, les casseurs se sont introduits à l'intérieur et ont emporté tous les appareils électroniques, arrachés de leurs supports. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont témoigné de la vitesse de l'action des pilleurs. 

Face aux nombreux pillages, la gendarmerie finit par déployer des véhicules blindés pour dégager les rues. Les affrontements ont fait au moins 38 blessés, dont un jeune homme qui a eu la main arrachée par une grenade explosive qu'il avait ramassée. 70 personnes ont été interpellées. 

Les magasins étaient ouverts

Contrairement à Paris, le centre de Bordeaux ne s'était pas barricadé ce samedi, et les magasins accueillaient leur lot habituel de consommateurs à l'approche des fêtes. Face aux violences qui commençaient à éclater, des boutiques ont dû fermer précipitamment leur devanture. Selon Sud-Ouest, de nombreux passants pris au milieu des affrontements se sont réfugiés dans des commerces.

"Ces actions sont le fait de plusieurs centaines de casseurs. Un grand nombre d'entre eux étaient porteurs d'armes par destination (pavés, boules de pétanques, fumigènes, fusées de détresse...)", a souligné la préfecture de la Gironde dans un communiqué qui a qualifié ces événements de "violents affrontements". 

"Il faut que ce désordre cesse"

Le maire de la ville, Alain Juppé, est venu constater les dégâts dimanche. Entre les vitrines des magasins brisées, les banques vandalisées, les véhicules incendiés, les restes de barricades calcinées, et les graffitis, les dégâts au centre-ville sont considérables, comme en témoigne une vidéo publiée sur Twitter par une habitante de la ville dimanche matin.

"Honte aux vandales, aux voleurs, aux pillards que j’ai vu saccager hier soir certaines rues de Bordeaux. Nous avions prévenu les Gilets Jaunes qu’ils se feraient inévitablement déborder.J’en appelle à nouveau à leur sens des responsabilités", a tweeté pour sa part le maire de Bordeaux. "Il faut que ce désordre cesse", a-t-il ajouté dans un second message. 

Adrienne Sigel avec AFP