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Patrick Balkany avoue avoir eu des comptes offshore

Patrick Balkany est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale.

Patrick Balkany est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. - Lionel Bonaventure - AFP

Le député-maire de Levallois-Perret est mis en examen pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée". Pour la première fois, lors d'une audition devant un juge, il a reconnu avoir été titulaire de sociétés offshore, rapporte le Journal du Dimanche.

Patrick Balkany a fini par reconnaître les faits. D'après les informations du Journal du Dimanche, le député-maire de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, a reconnu détenir des comptes offshore ainsi qu'être le propriétaire de la villa Serena à Saint-Martin, dans les Antilles. Des confidences que Patrick Balkany a fait le 5 octobre dernier lors d'une audition devant un juge au terme de laquelle il a été mis en examen pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée".

Il y a deux mois, Patrick Balkany a changé de défense. Soupçonné par la justice française d'avoir dissimulé de l'argent à l'étranger, mais également des luxueuses propriétés, pour échapper au fisc, l'élu LR a admis devant le juge Renaud Van Ruymbeke avoir eu recours à la pratique des comptes offshore. Tout en assurant qu'il s'agit de l'argent appartenant à sa famille.

Deux villas de luxe dans les Antilles

Lors de sa dernière audition, Patrick Balkany avait refusé de répondre aux questions du juge. Cette fois-ci, face aux documents signés de sa main, il a expliqué que cet argent appartenait à son père. A la Libération, ce dernier aurait fait fortune en revendant du matériel américain du Havre, en Normandie. Il aurait alors placé cette somme en Suisse, fondement, selon le député LR, de sa fortune personnelle.

L'intéressé insiste alors devant le juge: il ne "s'agit en aucune manière d'argent provenant de la corruption ou d'une quelconque activité illicite".

En juin 2014, sa femme, Isabelle Balkany, également mise en examen pour "blanchiment de fraude fiscale", avait reconnu que le couple était propriétaire de la villa "Pamplemousse", à Saint-Martin, dans les Antilles, ce qu'a toujours nié son époux jusqu'à aujourd'hui. Face au juge Van Ruymbeke, le député-maire de Levallois-Perret a admis avoir possédé une autre somptueuse villa entre 1991 et 2002. 

Des doutes sur un riad

Depuis le début de l'enquête, la justice française a saisi trois propriétés du couple: la villa "Pamplemousse", le moulin de Giverny et un riad à Marrakech. Pour autant, Patrick Balkany nie toujours être le propriétaire de ce dernier bien. Officiellement le Dar Gyucy est loué à l'année par Alexandre Balkany. Le fils du couple, alors soupçonné d'avoir signé des baux fictifs pour cacher l'acquisition par ses parents de cette demeure, a d'ailleurs été mis en examen.

Sur l'acte de propriété figure le nom d'une société panaméenne. Les fonds pour l'achat proviennent d'un compte alimenté par George Forrest, riche industriel minier, et Mohamed Al-Jaber, milliardaire saoudien. Selon Patrick Balkany, le riad lui appartient même si le député LR est intervenu dans la transaction pour négocier le prix. Une explication simple à cette situation? "Comme j'allais régulièrement en vacances au Sofitel à Marrakech, je me suis fait un plaisir de visiter de belles maisons afin de savoir s'il y en avait une pouvant convenir à un cheikh saoudien", avance simplement l'élu.

J.C.