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Paris: à La Chapelle, un rassemblement pour défendre l'image du quartier

Le métro La Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Le métro La Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. - Capture BFMTV

Un rassemblement avait été organisé ce jeudi place de La Chapelle, en réaction au débat sur le harcèlement des femmes dans le quartier.

"Il ne s'agit pas de nier, à travers ce rassemblement, les problèmes de sexisme ou de violence qui peuvent exister dans le quartier", a expliqué à l'AFP Romain Prunier, l'un des organisateurs du rassemblement qui a pris place jeudi soir place de la Chapelle, à Paris.

La semaine dernière, plusieurs femmes dénonçaient au travers d'une pétition leur ras-le-bol face au harcèlement de rue rencontré dans le quartier, et de leur mise à l'écart de certaines rues occupées par des groupes d'hommes.

"Mais, contrairement à ce qui a pu être écrit, les femmes ne souhaitent pas déserter La Chapelle ! On ne veut être ni angélique, ni caricatural", a expliqué Romain Prunier à l'AFP. 

Le rassemblement s'est déroulé dans le calme à partir de 18H00, aux cris de "La Chapelle solidarité, pour tous, avec les sans-papiers".

"Ça fait 17 ans que je vis ici, il ne m'est rien arrivé"

De nombreuses femmes présentes, interrogées par l'AFP, ont fait part de leur "stupéfaction" après les articles parus dans la presse depuis une semaine.

"Quelles femmes se plaignent? Ça fait 17 ans que je vis ici, il ne m'est rien arrivé!", affirme Chantal, fringante quinquagénaire, alors qu'Anita se dit "surtout agressée par la misère, mais pas les migrants".

Juliette, la trentaine, rencontrée dans une rue adjacente, tempère: "La situation n'est pas aussi caricaturale que l'article du Parisien, mais c'est vrai qu'on se fait souvent emmerder par des hommes massés autour de la station de métro, qui occupent l'espace public".

Le quartier de La Chapelle, dans le XVIIIème arrondissement de la capitale, où la délinquance est réputée prospère, abrite par ailleurs depuis plusieurs années de nombreux migrants de passage.

"S'il y a de la violence, tout le monde est visé"

"C'est vrai, beaucoup de gens stationnent là, ne font rien, parfois vendent de la drogue", constate Rabbani Kham, qui dirige une association d'intégration pour les Bengalis. "Mais dire que les femmes ne peuvent plus circuler, je trouve ça exagéré: s'il y a de la violence, de la délinquance, des vols de portables, par exemple, tout le monde est visé", estime-t-il.

"Beaucoup de nos compatriotes ont été battus par des délinquants", fait-il par ailleurs observer, en regrettant "la saleté du quartier" et "le manque de logements".

Vendredi, la ville de Paris et la préfecture de police avaient reconnu "un sentiment d'insécurité" pour les femmes dans le quartier, affirmant y avoir déployé "un dispositif dédié".

L.A., avec AFP