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Délinquance, vente à la sauvette: les habitants de la place de la Chapelle lancent un SOS dans une pétition

Les riverains et commerçants de la place de la Chapelle dans le 18e arrondissement de Paris ont lancé une pétition pour interpeller les autorités. Ils dénoncent l'insécurité croissante dans le métro ainsi que la recrudescence des vendeurs à la sauvette.

Téléphones, cigarettes, chaussures sont vendus à même le trottoir. Place de la Chapelle dans le 18e, les vendeurs à la sauvette s'amassent, une situation qui exaspère les riverains. 

"J'en ai ras-le-bol, je marche sur la route pour les éviter parce qu'on ne peut pas marcher sur le trottoir, surtout au métro. Il y a une insécurité totale, ils vous font les poches", raconte un habitant du quartier. "On ne peut plus passer par là parce qu'ils vendent des cigarettes à la sauvette", renchérit un autre. 

Un constat partagé par de nombreux riverains et commerçants qui ont décidé de lancer une pétition intitulée SOS La Chapelle, dans laquelle ils interpellent le maire du 18e arrondissement mais aussi le préfet de police, la maire de Paris et jusqu'au président de la République. "Nous ne voulons plus vivre dans une zone de non droit. Nous, habitants de la place de la Chapelle et du voisinage, exigeons des pouvoirs publics, de l'Etat et de la ville de Paris, que nos droits élémentaires de citoyens à la sûreté et la sécurité soient restaurés dans les meilleurs délais, et garantis de façon pérenne", écrivent-ils sur la plateforme de pétition Change.org

"Au lieu d'être pharmacien, je suis devenu agent de sécurité"

Deux semaines plus tôt, le Civic Lab, une installation collaborative sur la place a pris feu. Un incendie qui pourrait être d'origine criminelle et qui participe à l'exaspération des habitants. Khalid, pharmacien à proximité de la place de la Chapelle estime que les conditions de vie dans son quartier se sont largement dégradées depuis quelques mois.

"Depuis un an et demi, on voit que les autres quartiers autour s'améliorent et notre quartier devient un ghetto de délinquance. Au quotidien, nous voyons des gens se faire agresser, des filles qui ne peuvent plus marcher dans la rue suite au harcèlement, des vols à la tire. J'ai l'impression qu'au lieu d'être pharmacien, je suis devenu agent de sécurité dans mon officine", explique-t-il. 

Fin novembre, les maires du 10e et du 18e arrondissement de Paris avaient alerté le préfet de police sur une situation similaire à la station Barbès. Les riverains de la place de la Chapelle estiment eux avoir été oubliés. "Pas une ligne, pas une demande pour la station et la place de la Chapelle qui connaît la même situation quotidiennement", écrivent-ils sur leur page Facebook, interpellant les deux maires. Ils espèrent que leur pétition entraînera la mobilisation des élus.

En attendant, les vendeurs à la sauvette de la place de la Chapelle ne semblent pas inquiétés par les forces de police, comme a pu le constater notre équipe, présente plus d'une heure à proximité. Au passage d'un véhicule, les vendeurs s'avertissent mutuellement et aucune patrouille ne stationne sur place. A la nuit tombée, la zone est presque plongée dans le noir, mais le trottoir reste lui gorgé de monde.

Carole Blanchard avec Willaim Helle