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Pancarte antisémite à Metz: l'enseignante et ex-membre du FN condamnée à six mois de prison avec sursis

Une pancarte antisémite a été repérée dans le cortège contre le pass sanitaire samedi à Metz

Une pancarte antisémite a été repérée dans le cortège contre le pass sanitaire samedi à Metz - BFMTV

Cassandre Fristot a été condamnée pour avoir brandi une pancarte antisémite lors d'une manifestation contre le pass sanitaire le 7 août à Metz.

Après avoir réveillé "les stigmates profonds de l'antisémitisme", Cassandre Fristot a été reconnue coupable de "provocation à la haine raciale" ce mercredi. Elle a ainsi été condamnée à six mois de prison avec sursis pour avoir brandi, le 7 août dernier, une pancarte antisémite dans les rues de Metz lors d'une manifestation anti-pass sanitaire. Sur celle-ci était inscrit le slogan "Mais qui?"

"C'est une nouvelle présentation de la pensée antisémite", avait souligné Me David-Olivier Kaminski, avocat du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), lors du procès de la professeure d'allemand de 33 ans début septembre.  

Ce "Mais qui?" a été lancé après l'interview télévisée de Dominique Delawarde, un général à la retraite, sur CNews à la mi-juin. À la question, "qui contrôle la 'meute médiatique?'" posée à plusieurs reprises par le communicant Claude Posternak, l'ancien général a rétorqué: "Vous savez bien, regardez qui contrôle la meute médiatique dans le monde et en France [...] Qui contrôle le Washington Post? Qui contrôle le New York Times? Qui contrôle chez nous BFMTV et tous les journaux? Qui sont ces gens? C'est la communauté que vous connaissez bien."

"Dénoncer les puissants"

Ces propos identifiés comme antisémites ont ensuite été repris dans les manifestations anti-pass sanitaire. Du port de l'étoile jaune - symbole de la persécution des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale - à l'expression "pass nazitaire", la banalisation de l'antisémitisme s'est ainsi répandue, portée entre autre par Cassandre Fristot, ancienne membre du Front national.

Lors de l'audience de la jeune femme - qui ne s'est pas présentée au tribunal - ses avocats ont toutefois nié ses motivations antisémite. "Le 'Mais qui'?, c'est 'mais qui est responsable de cette politique sanitaire': est-ce que maintenant on n'a plus le droit de dire 'qui, mais qui?': aujourd'hui c'est interdit de le dire?", s'est insurgé Me Paul Yon. Cassandre Fristot avait elle-même déclaré aux enquêteurs vouloir "dénoncer les puissants, je leur reproche leurs décisions et non leur confession religieuse".

Pas de quoi convaincre le ministère public qui avait requis contre elle trois mois de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV