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"On est une famille détruite": le témoignage du frère de Shaïna, tuée et brûlée en 2019

Yasin Hansye "attend toujours une peine sévère, que la justice fasse son travail", alors le procès se fait toujours attendre, deux ans après le meurtre de sa soeur.

"Deux ans après c'est comme si c'était hier", a témoigné Yasin Hansye sur BFMTV ce lundi. En octobre 2019, sa soeur Shaïna âgée de 15 ans, est retrouvée morte dans un quartier de Creil (Oise). Elle a été poignardée puis brûlée, alors qu'elle était enceinte.

Depuis, "c'est une douleur vraiment terrible, on a l'impression que deux ans après c'est comme si c'était hier", a-t-il expliqué. "C'est difficile pour nous de faire le deuil de Shaïna, de se dire qu'on va tourner la page, d'avancer, parce qu'on est une famille détruite".
Une photo de Shaïna
Une photo de Shaïna © Famille

"On attend toujours une peine sévère"

Dans l'appartement familial, la chambre de l'adolescente est restée intouchée, "que ce soit ses affaires, ses meubles, sa chambre, tout est resté pareil. C'est comme si elle était toujours là avec nous, c'est quelque chose qui nous apaise en voyant toutes ses affaires, ça nous remémore de bons souvenirs", raconte Yasin Hansye, qui a lancé une association appelée "Justice pour Shaïna, plus jamais ça".

Ce lundi matin, deux ans après le meurtre de la jeune fille, un rassemblement est prévu à Creil, rue de la Champerelle, où son corps a été retrouvé. "On a décidé de se réunir au lieu où s'est produit le drame pour dire qu'après deux ans on attend toujours une peine sévère, que la justice fasse son travail, et dire que nous aussi on ne veut pas rester dans l'ombre, on est toujours révolté", explique-t-il.

Le principal suspect du meurtre de Shaïna est son petit-ami de l’époque. Plusieurs éléments du dossier pointent sa culpabilité, mais lui nie les faits depuis le début. Il est incarcéré dans l'attente d'un procès, qui tarde à arriver. L'affaire a en effet été renvoyée devant la cour d'assises, mais l'avocat de l'accusé a fait appel de cette décision. Une audience aura donc lieu le 16 novembre, déterminant si le suspect sera renvoyé, ou non, devant une cour d’assises.

Malgré plusieurs demandes de BFMTV, l’avocat du suspect a refusé d'accorder une interview.

"Essayer de faire de la prévention, alerter"

Avant cette mort terrible, Shaïna avait déjà été victime d'un viol collectif à l'âge de 13 ans, pour lequel elle avait porté plainte. Mais elle avait ensuite subi des représailles de personnes de son quartier: qualifiée de fille facile, elle avait même été passée à tabac pour avoir dénoncé le viol, comme le rapportait Le Monde en septembre, qui a révélé l'affaire.

Aujourd'hui, la famille de Shaïna veut surtout que l'histoire de la jeune fille soit connue, pour qu'elle ne se reproduise pas, "c'est déjà pour les familles une douleur insupportable, qu'une chose comme cela se produise, et si moi à mon échelle je peux essayer de faire de la prévention, alerter comme aujourd'hui, essayer de faire comprendre que tout cela est inadmissible, je vais faire de mon mieux".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV