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"On est pris pour cibles": près de 1000 pompiers défilent à Strasbourg pour dénoncer les agressions

Des pompiers éteignent un feu de poubelle près de la Place d'Italie à Paris, le 16 novembre 2019

Des pompiers éteignent un feu de poubelle près de la Place d'Italie à Paris, le 16 novembre 2019 - Martin Bureau / AFP

Entre 800 et 1.000 pompiers, selon les chiffres, ont défilé à Strasbourg contre les agressions qui les visent lors d'interventions dans certains quartiers. Ils déplorent le fait d'être pris pour cibles et de devoir penser à leur sécurité avant d'intervenir, et dénoncent une situation qui empire depuis plusieurs années.

Près d'un millier de sapeurs-pompiers ont manifesté ce vendredi matin à Strasbourg pour protester contre les agressions dont ils font l'objet lors d'interventions. Déambulant derrière plusieurs camions sirènes hurlantes, 800 pompiers professionnels et volontaires, selon la police, "un millier" selon les organisateurs, ont défilé, sans casque et vêtus de leur veste d'intervention jaune et noire, applaudis par moment par des passants.

Les pompiers "pris pour cibles" en intervention 

"Nous sommes là pour exprimer tout le désarroi qu'on peut avoir sur les agressions qui sont faites envers les sapeurs-pompiers. (...) On a le sentiment d'être pris pour cibles", a expliqué Yann Scheer, chef de la caserne ouest de Strasbourg.

"Avant on était parfois des 'dommages collatéraux' d'interventions compliquées dans certains secteurs. Maintenant on est clairement pris pour cible, comme au Nouvel An", a-t-il poursuivi.

Lors d'une nuit de la Saint-Sylvestre particulièrement agitée à Strasbourg, deux pompiers ont notamment été blessés à la suite d'un jet de projectile qui a traversé la vitre de leur camion. Dimanche, trois pompiers ont également été agressés au couteau par une personne qu'ils venaient secourir près de la capitale alsacienne.

Un cercueil symbolique porté pendant la manifestation 

Ces récentes agressions ont été "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase" par rapport à une situation qui empire depuis "des années", a estimé Christophe Elsaesser, président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers du Bas-Rhin, qui rassemble les soldats du feu volontaires.

"Avant chaque intervention, on pense d'abord désormais à s'assurer de notre sécurité", a regretté Yann Scheer, alors que les pompiers demandent de plus en plus à être accompagnés des forces de l'ordre lors de leurs sorties.

En tête du cortège, plusieurs pompiers portaient un cercueil noir sur lequel était affiché "Touche pas à mon pompier" et "Pour que cela n'arrive jamais dans le Bas-Rhin". Ce cercueil a été déposé un instant devant le palais de justice de Strasbourg et les manifestants se sont allongés au sol quelques minutes symboliquement, avant de poursuivre leur route jusqu'à la préfecture du Bas-Rhin, où une délégation a été reçue.

J. G. avec AFP