BFMTV

Notre-Dame: deux mois après l'incendie, l'enquête pointe des "dysfonctionnements" de sécurité

La piste criminelle a été définitivement écartée. Les enquêteurs étudient celle de problèmes de sécurité dans le poste de commandement. Une erreur d'identification du lieu de l'incendie aurait également retardé l'intervention des secours.

Deux mois après le drame, les enquêteurs poursuivent les recherches pour tenter de découvrir ce qui a déclenché l'incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril dernier. Ils envisagent la thèse d'un court-circuit électrique. La piste criminelle a, en revanche, été écartée.

Agent de sécurité inexpérimenté

Les premiers éléments de l'enquête permettent donc d'écarter l'incendie volontaire. Aucun accélérateur de feu n'a en effet été retrouvé. La piste la plus envisageable est celle d'un court-circuit électrique au niveau du dispositif faisant fonctionner les ascenseurs des échafaudages.

Les enquêteurs se penchent également sur d'éventuels dysfonctionnements du dispositif de sécurité. Des problèmes d'organisation auraient été signalés au sein même du poste de commandement de sécurité à plusieurs reprises avant l'incendie par d'anciens chefs d'équipe, d'après des informations du Monde

L'agent en poste lorsque l'incendie s'est déclenché dans les combles de la nef ne connaissait pas bien le chantier. Selon le quotidien, le salarié de l'entreprise Elytis n'y avait travaillé que trois jours et n'avait "encore jamais fait le tour complet du bâtiment". Ce dernier n'aurait donc pas été en mesure d'identifier rapidement la localisation de l'incendie, ce qui aurait retardé l’intervention des secours.

Une négligence de l'état?

De son côté, l'Observatoire du patrimoine religieux pointe du doigt la négligence de l'état, nous indique son président Edouard de Lamaze:

"Les mesures de sécurité ne sont pas prises suffisamment quand il s'agit de la restauration d'un monument aussi ancien et fragile qu'un monument historique. Elles ne sont pas prises parce que l'état, généralement propriétaire, est son propre assureur et ne donne pas suffisamment de contraintes sur place pour éviter la catastrophe", regrette-t-il.

Phase de consolidation

Depuis l'incendie, entre 60 et 150 ouvriers s'affairent sur le chantier, continuant d'évacuer les gravats et de stabiliser la structure. Le monument est toujours dans sa phase de consolidation: deux grandes bâches temporaires ont été posées au-dessus de la nef et du choeur, les pignons nord et sud ont été consolidés, des filets ont été tendus au-dessus de la nef et du choeur.

À l'intérieur, les gravats des transepts nord et sud ont été évacués et triés par des archéologues. Ceux de la nef sont en cours de traitement, grâce à l'action quotidienne d'un robot. Il a également été procédé à l'évaporation de l'eau, y compris dans la crypte. Gros chantier dans les prochaines semaines, l'échafaudage, initialement installé pour la restauration de la flèche doit être démonté, des cintres vont être posés sous les arc-boutants. Un plafond intérieur doit également être mis en place afin de pouvoir faire des expertises sur la voûte.

Samedi, une messe en nombre restreint sera célébrée à 18 heures dans l'édifice religieux, la première depuis l'incendie.

Esther Paolini avec AFP