BFMTV

Nordahl Lelandais: des familles de disparus poussent un "coup de colère" 

Nordahl Lelandais, le principal suspect dans ce dossier - BFMTV

Nordahl Lelandais, le principal suspect dans ce dossier - BFMTV - -

Après la mise en examen de Nordahl Lelandais pour le meurtre de Maëlys et d'Arthur Noyer, la cellule Ariane avait été crée en janvier 2018 afin de déterminer si l'ancien maître-chien pouvait être impliqué dans d'autres affaires criminelles.

Des familles de disparus ont poussé mercredi à Lyon un "coup de colère", déplorant ne pas savoir si leur dossier fait partie ou non de la "quarantaine" pouvant avoir un lien avec Nordahl Lelandais, selon l'avocat Me Bernard Boulloud.

"L'intervention du général Lecouffe, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a fustigé à l'issue d'une conférence de presse Me Boulloud, conseil de six familles de disparus. 

Une cellule créée en janvier 2018

Le sous-directeur de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale, Jean-Philippe Lecouffe avait annoncé le 18 février que la cellule "Ariane" avait dégagé une liste d'une "quarantaine" d'affaires dans lesquelles la piste de Nordahl Lelandais pouvait être envisagée. 

Cette cellule spécialisée a été créée en janvier 2018 pour effectuer des recoupements entre le "parcours de vie" de Nordahl Lelandais et quelque 900 dossiers de disparitions ou de crimes non élucidés dans une vingtaine de départements.

Nordhal Lelandais est mis en cause notamment pour l'enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys à Pont-de-Beauvoisin (Isère) en août 2017 lors d'une fête de mariage, et pour la disparition et l'assassinat du caporal Arthur Noyer, en avril 2017 après une soirée dans le centre de Chambéry.

Les familles non-informées

"On ne sait pas qui sont les quarante dossiers sélectionnés, les services judiciaires n'informent pas les familles", a regretté l'avocat, pointant du doigt la "déshumanisation" de la justice. "Si cette porte (Nordahl Lelandais) est fermée, on en prendra acte mais on ne sait rien, on est dans l'expectative, la douleur et moi, comme avocat, je fais le tampon", a estimé Me Boulloud, qui défend notamment les parents d'Arthur Noyer.

Selon les gendarmes, parmi la quarantaine de dossiers évoqués, une "majorité" sont des disparitions inquiétantes, "moins d'une dizaine" concernent des mineurs et beaucoup se situent "dans la région Rhône-Alpes, sans que cela soit exclusif".

Pour le vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes de l'association Assistance Recherche de Personnes Disparues (ARPD), Philippe Folletet, cette absence d'information des proches "pose la question de la prise en compte des familles, qui ne sont pas considérées commes des victimes par les services de police et de gendarmerie".

Jeanne Bulant avec AFP